Analyses littéraires

Le théâtre classique : La comédie au XVII° siècle

Pièce : Les Fourberies de Scapin

Auteur : Molière

Editeur : tous les petits classiques, toutes les éditions de poche....

Voici l'étude d'une pièce de théâtre classique, Les Fourberies de Scapin, que j'ai étudiée avec mes élèves en classe de 5°.

Cette étude peut vous aider si vous assistez à sa représentation, ou si vos chères têtes blondes (brunes, rousses ou vertes, peut-être êtes-vous un Martien ou un Vénusien en visite) ont un peu somnolé en classe....

Quelque rappels du vocabulaire théâtral

Les termes du théâtre :

- notion d’acte (la durée égale la vie des bougies au XVII° sièclesoit 25 à 30 mn + unité de décor ;

- de scène : correspond à l'entrée et la sortie d’un personnage

- de didascalie. Ce sont les indications de mise en scène, en italiques devant les répliques ;

- de réplique : monologue, dialogue, aparté…

Quelques formes différentes du comique : le quiproquo, le dialogue de sourds, comique de situation, de gestes, de paroles.

La mise en scène : jeu de la scène, différentes possibilités

LES FOURBERIES DE SCAPIN

Molière et la pièce :

Lorsqu’il écrit les Fourberies, Molière a 49 ans, il est au sommet de son art.

Il a déjà écrit et joué une trentaine de pièces comiques, presque autant d’énormes succès. Avec cette pièce, il revient à la farce à l’Italienne, « la commedia dell’arte ».

Il en reprend les personnages, le rythme endiablé, les jeux de scène et les thèmes :  

- les amours de jeunes gens contrariés par leurs pères, l’absence des mères qui pourraient arranger les choses, des enfants enlevés ou perdus, des quiproquos…

C’est, sur une trame imitative d’une pièce romaine, le Phormion de Térence, l’insert de situations sociales et familiales propres au XVII° siècle : la toute puissance des pères sur leurs enfants, les mariages arrangés pour l’agrément et les intérêts de deux familles du même milieu.

LES SCENES D’EXPOSITION, Acte I

Scènes 1 et 2 : l'intrigue est déjà en cours, on en prend connaissance

Répartition des rôles :

Octave, fils d’Argante doit épouser une fille du Seigneur Géronte, cachée à Tarente. Or, il a épousé depuis 3 jours une orpheline pauvre et abandonnée, Hyacinte.

Son caractère : geignard, peu dégourdi, il cherche un adjuvant et un guide qu’il va trouver en Scapin.

Scapin, valet de Léandre, rusé et peu scrupuleux « fourbe », c’est à dire « trompeur », ne voit pas de difficultés à débrouiller ces problèmes. Leur dialogue, où chacun emploie le TU et le VOUS de sa propre condition montre bien la différence sociale entre les 2 personnages.

Léandre, fils de Géronte, aime Zerbinette, une bohémienne très loin de sa condition sociale (à cette époque, les mariages d’intérêt entre 2 familles interdisaient ce genre de mésalliance).

Sc 3 et 4 : début de l’action

Sc 3 :

Scapin séduit par Hyacinte, accepte d’aider les amoureux.

Jeu de scène: pièce dans la pièce : Scapin jouant le rôle du père d’Octave pour éviter la peur de ce dernier. Rôle de la répétition : évacuer sa peur (par ex, « jouer » sa leçon à voix haute en imaginant la classe, avec un parent ou un ami, peut permettre de se sentir plus à l’aise ensuite).

Sc 4 :

Rôle des didascalies : apartés, monologues, élaboration d’une stratégie + indication des destinataires + indication de la gestuelle.

A qui s’adressent les apartés de Scapin ? aux spectateurs, avec qui il crée une complicité, et l’attente de ses tours. Il a réussi à justifier la folie d’Octave par la violence, et par la crainte de passer pour un lâche.

Le personnage d’Argante ressemble bien à ce que présentait Scapin, méchant et querelleur. Allusion à une fille « perdue », donc à des suites possibles, déjà indiquées dans la liste des personnages : ce qu’on attend, c’est comment tout cela se déroulera !

Sc 5 :

Scapin prépare une fourberie.

Conclusions sur les scènes d’exposition :

Les personnages en présence expliquent la situation, les circonstances, le problème à résoudre, et imaginent les suites et complications possibles, ce qui explique qu’ils parlent beaucoup plus des absents qu’ils n’agissent encore vraiment.

Nous n’avons pas encore vu : Géronte, Léandre, Zerbinette, mais nous avons l’impression de connaître bien au moins les deux derniers, car ils nous ont été longuement présentés.

Peut-on, dès l’acte I, justifier le titre ? : Oui, on s’aperçoit que c’est Scapin qui mène le jeu, par des ruses habiles, des stratagèmes qui désarçonnent l’adversaire et lui permettent de le manœuvrer à son gré.

L’ACTION dans les Actes 2 et 3

Acte II, sc 3 : un nouveau personnage apparait :

Géronte qui accuse son fils dans le vague (informations tronquées d’Argante). Or Léandre croit que c’est Scapin qui l’a trahi, ce qui le rend furieux.

Pour tenter d’apaiser la fureur de Léandre, qu’il ne comprend pas, Scapin avoue d’anciennes fourberies dont Léandre a été la victime et reconnaît des trahisons dont ce dernier ne songeait pas à l’accuser.

En définitive, Léandre comprend qu’il n’a pas été trahi par Scapin.

Le rôle des didascalies : Léandre, furieux, veut utiliser son épée pour frapper Scapin (x 6 fois) : Nous voyons qu’il est capable de violence, tant dans ses sentiments que dans ses comportements. De plus, les maîtres se sentent en droit de punir corporellement leurs serviteurs (autres exemples dans la pièce ?)

scène

fourberie

victime

bénéficiaire

résultat

II, 3

Boit le vin de Léandre

Léandre

Scapin

Valet fourbe !

II, 3

Vole la montre de Zerbinette

Léandre

Scapin

Valet fourbe !

II, 3

Bat son maître, déguisé en loup-garou

Léandre

Scapin

Valet fourbe !

Scène 4 : renversement de situation :

Léandre se voit obligéde supplier Scapin pour qu’il l’aide.

Dettes : Léandre : 500 écus = 1500 livres (francs de l’époque) Un écu = 3 livres.

Octave : 200 pistoles = 2000 livres (francs de l’époque). Une pistole = 10 livres, Une livre = 20 sous. Une livre vaut, au départ, l’équivalent de son poids en or : cela fait beaucoup d'argent....

Scène 5 :

Les arguments de Scapin : les frais d’un procès sont considérables, la somme demandée par le soi-disant frère représenterait une économie ! Le monde de la justice est un enfer, il vaut mieux tout tenter que de s’y rendre. Gens de justice = animaux de proie.

Technique : subtile gradation (au lieu de 5 ou 600 pistoles, il démarre à 60 pur monter à 200 finalement. Besoins : énumérer. Argante ne se laisse pas convaincre encore, annonce de l’arrivée du « frère », attendu comme un redoutable militaire !

Comique : Scapin se fait passer pour un allié d’Argante

Scène 6 :

Le « faible, mou » Sylvestre vient terroriser Argante. Spadassin, de l’italien SPADA, épée. Désigne un assassin à gages qui exerçait à l’arme blanche. Homme de nature à effrayer et convaincre un vieillard !

Si on a vu de l’escrime à la télévision, essayer quelques posture en l’air, pour la vraisemblance. Rôle des didascalies : montrer la soi-disant fureur de Sylvestre. Le vocabulaire : les jurons

Le comique :

Le déguisement et les gestes de Sylvestre dans son rôle de spadassin terri­fiant, l'attitude tremblante d’Argante mourant de peur sont les éléments essentiels qui rendent cette scène comique.

Les formes de comique mises ici en oeuvre par Molière sont le comique de situation et de mouvement..

Pourquoi le déguisement de Sylvestre et l'attitude peureuse d’Argante rendent la situation comique ? Molière utilise le décalage comme ressort comique : Argante, qui prend pour réalité ce qui est pur simulacre, est en complet décalage avec tous les autres personnages (y compris le public) qui, eux, savent que tout ce qui se passe n'est que comédie.

De même, les gestes et les cris de Sylvestre sont comiques, parce qu'ils imitent en les caricaturant ceux d'une brute et que,par leur exagération même, ils produi­sent sur Argante autant d'effet que si Sylvestre était un véritable spadassin.

Sc 7 : la scène de la Galère :

Rôle des disdascalies : mettre Géronte en situation d’attente et de crainte + faire rire le public qui sait ce que Géronte ne sait pas

Différentes solutions que trouve Géronte pour ne pas donner son argent : Le recours à la justice : l. 54-55 - La substitution de Scapin à Léandre l. 64-66 - La vente de vieilles hardes : l. 94-96 – L’émotion feinte : l. 152.

L'avarice de Géronte n'est pas une surprise. D'une part, Scapin l'avait évo­quée à la scène 4 de l'acte Il. D'autre part, c'est un trait de caractère conven­tionnel des vieillards de la comédie. Géronte, après un long combat entre l'avarice et l'affection paternelle, a finalement préféré se dessaisir de cinq cents écus plutôt que de laisser son fils entre les mains du Turc qui le retient, prétendument, en otage.

Remarque. En ce qui concerne l'attitude de Géronte qui cherche des stratagèmes pour ne pas se défaire de la somme requise, on pourra remarquer que dans cette scène Géronte est en quelque sorte un « anti-Scapin » et que n'est pas fourbe qui veut.

Ici, la bêtise et la sécheresse de coeur de Géronte font valoir l'ingéniosité de Scapin . À partir de là, on peut considérer que le génie de Scapin pour la fourberie est bien signe de noblesse naturelle, tandis qu'au contraire l'inaptitude complète des deux vieillards à la fourberie serait signe d'une certaine vilenie (celle-ci culminant chez Géronte, qui a beaucoup de mal à préférer son fils à ses écus).

La phrase clé de la scène : « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » Géronte répète sept fois cette phrase à intervalles réguliers, telle une mécanique bien remontée. Cette interro-exclamation est renchérie par le «Ah,maudite galère ! » que Géronte répète deux fois, la deuxième fois à la suite du septième et dernier « Que diable allait-il faire dans cette galère ? », tandisque le premier, qui constitue une réplique à lui tout seul, est commenté et souligné par Scapin en-aparté : « Cette galère lui tient au coeur ».

Le comique : répétition et mouvement (ou geste) : Répétition : la galère, Geste : poursuite de Scapin par Géronte au début, jeu de la bourse à la fin

scène

fourberie

victime

bénéficiaire

résultat

II, 5 et 6

Récupérer 200 pistoles

Argante

Octave

réussite

II, 7

Récupérer 500 écus

Géronte

Léandre

réussite

 

Acte III (scènes 1 à 6) :

La scène du sac, III, 2 :

Les accessoires : sac et bâton, les personnages : Géronte + Scapin + tous les soi-disant spadassins, les raisons et causes : Scapin veut se venger de Géronte qui a fait croire à Léandre que c’est lui-même (Scapin) qui a dénoncé son amour

On peut se poser ces questions : -combien de personnages Scapin imite-t-il dans la 1° partie de la scène ? Dans la 2° partie ? - qui reçoit les coups de bâton ? qui crie ? - à quel moment se passe le renversement de situation ? pourquoi ? - Géronte nous inspire-t-il de la pitié ? pourquoi ? - Qu’éprouve le public quand Scapin est découvert, et pourquoi  ?

Importance de la scène : Elle ne sert en rien la progression de l’intrigue, mais elle est très spectaculaire, par les différents personnages que joue Scapin, par les risques qu’il prend une fois de plus avec la justice (volet puis battre un maître) ; elle est très drôle parce que Géronte est un homme antipathique et représente un pouvoir odieux et inhumain, couard et avare

La scène de Zerbinette, III,3

le Comique de situation, la catastrophe : Etat d’esprit des 2 personnages au début de la scène : vers le quiproquo (Géronte, furieux d’avoir été battu et trompé ; Zerbinette, ravie du récit de Sylvestre).

Pourquoi Molière fait-il raconter par Zerbinette uns scène que le spectateur connaît déjà ? (comique : faire raconter en se moquant une mésaventure à qq’un qui en a été la victime. Le spectateur, de plus, connaît le nom des 2 personnages alors que Zerbinette ne le sait pas : comique supplémentaire)

Scènes 5 et 6 :

Ce sont des scènes de révélation.Ce que savent les 2 vieillards, la disparition (mort) de la fille de Géronte : répit pour le mariage d’Octave ?

AU FINAL : LES SCENES DE DENOUEMENT

Acte III, Scènes 7, 8, 9 :

La Notion de dénouement : c’est ce qui termine l’intrigue au théâtre. Il répond aux questions qu’on s’est posées au début, il règle le sort des personnages, il occupe les dernières scènes de la pièce.

Ici : Coup de théâtre. Octave, sans le savoir, a épousé celle qu’on lui destinait ; Sylvestre avertit Scapin de ce qui l’attend : menaces des pères, accord des fils et des pères. Petit à petit tous les personnages se retrouvent pour avancer vers la fin, Octave rejoint les autres

Scènes 10 et 11 :

Octave refuse de rien écouter : est-il enfin courageux ou toujours étourdi ?

Autres révélations : Léandre a courtisé une jeune fille de son rang et de sa fortune, puisque Zerbinette est la fille qui a été volée à son père Argante, par des bohémiens, quand elle était petite (sc 11). Révélations incroyables : sinon la comédie se serait finie en tragédie ! La pièce pourrait-elle se terminer là ? (et Scapin ?)

Scène 13 :

Comique de répétition : les coups de bâton. Dernière vengeance de Scapin sur Géronte : lui rappeler 5 fois cette infamie...

Le sort de Scapin : dernière fourberie : retour et triomphe (le bout de la table, c’est le « haut bout », la place d’honneur : il oblige ses victimes à le fêter. La mort évoquée, c’est sa mort naturelle, le plus loin possible (subjonctif, ce qui est encore très loin du réel.: Il a le dernier mot, c’est bien le personnage principal.

scène

fourberie

victime

bénéficiaire

résultat

III, 2

Se venger de Géronte

Géronte et Scapin

Scapin

Réussite au début, échec à la fin

III, 12 et 13

« mort » de Scapin, pour se sauver

Géronte et Argante

Scapin

Triomphe de Scapin

 

LA PIECE EN CONCLUSION

Tableau des fourberies de Scapin :

La fourberie, la victime, le bénéficiaire, le résultat (pour Scapin)

scène

fourberie

victime

bénéficiaire

résultat

I,4

Contes en l’air : Justifie Octave

Argante

Octave

Demi succès

II, 3

Boit le vin de Léandre

Léandre

Scapin

Succès

II, 3

Vole la montre de Zerbinette

Léandre

Scapin

Succès

II, 3

Bat son maître : le loup-garou

Léandre

Scapin

Succès

II, 5 et 6

200 pistoles : le spadassin

Argante

Octave

Succès

II, 7

500 écus : la galère

Géronte

Léandre

Succès

III, 2

Se venge de Géronte : scène du sac

Géronte Puis Scapin

Scapin

Succès au début, échec à la fin

III, 12 et 13

« mort » de Scapin, pour se sauver

Géronte et Argante

Scapin

Triomphe de Scapin

Les accessoires et leurs utilisateurs :

*Un bâton : Scapin

*Un bracelet : les Egyptiens, puis Léandre, pour Zerbinette

*une clef : Géronte

*un costume de spadassin : Sylvestre

*une épée : Sylvestre et Léandre

*un sac : Scapin

*une bourse contenant de l’argent : Géronte et Argante

*des linges pour faire des bandages : Scapin

*un bonnet : Sylvestre

les quiproquos :

* Acte II, sc 3 : Scapin avoue par erreur à Léandre ses fourberies passées

* Acte III, sc 3 : Zerbinette raconte à Géronte ses propres malheurs car elle ne le connaît pas

* Acte III, sc 10 : Octave refuse d’épouser la fille de Géronte sans savoir qu’il s’agit de Hyacinthe

les coups de théâtre :

* Acte II, sc 4 : Léandre n’a que 2 heures pour racheter Zerbinette

* Acte III, sc 2 : Géronte découvre la vilenie de Scapin

* Acte III, sc 7 : Hyacinthe est la fille de Géronte

* Acte III, sc 11 : Zerbinette est la fille d’Argante

* Acte III, sc 13 : Scapin « va mourir »

Un défi de lecture : Qui saura le mieux répondre à ces questions ?

Donnez, pour chaque définition, un exemple de comique, avec le numéro de la scène : (les réponses sont en bleu)

* comique de parole : la répétition « tuez-moi », II, 4 + « qu’allait-il faire dans cette galère », II, 7

* comique de geste ou de mouvement :lSylvestre déguisé en spadassin, tue la terre entière dans le vide pour terrifier Argante + poursuite de Géronte par Scapin, jeu de la bourse : II, 7

* comique de situation : II, 2 : sentiments opposés entre Léandre et son père + III,3 : Zerbinette se moquant de Géronte

* comique de caractère : II, 6 : la peur d’Argante devant Sylvestre +III, 2 : la peur de Géronte dans le sac

A quoi ou à qui font référence les mots suivants en gras :

* Scapin – J’ai bien ouï parler de quelque petite chose (I, 4) - le mariage d’Octave

* Scapin – Laisse-moi faire, la machine est trouvée. Je cherche seulement… (I, 5) - la 1° fourberie de Scapin, dans laquelle sylvestre est déguisé en spadassin

* Scapin – Monsieur, un petit mulet // Argante – Je ne lui donnerai pas seulement un âne (II, 5) - le spadassin, supposé frère de Hyacinthe

* Géronte – Que diable allait-il faire dans cette galère ? (II, 7) - Léandre

* Géronte – L’invention est bonne // Scapin – La meilleure du monde (III, 2) - La proposition de Scapin, de cacher Géronte dans un sac pour échapper à ses poursuivants

* Argante – Je veux dire que la fille du Seigneur Géronte (III, 10) - Hyacinthe

* Argante – Seigneur Géronte, en faveur de notre joie, il faut lui pardonner sans conditions (III, 13) - Scapin

Et maintenant, à vous de jouer :

L'intrigue : avant son départ, Argante a-t-il laissé une situation familiale en ordre ? quel premier bouleversement s’est produit pendant son absence ? quel fait nouveau, au retourd’Argante, rend ce premier bouleversement catastrophique ? comment Scapin se fait-il prier pour aider les jeunes gens ?

Octave : pourquoi a-t-il épousé Hyacinthe ?  

Hyacinthe : de quoi a-t-elle peur ? Ses craintes sont-elles justifiées ?

Scapin : quel âge peut-on lui donner ? que sait-on de son passé ? par 2 fois, il apparaît comme un metteur en scène : à qui fait-il répéter un rôle ? dans quel but ?

Avez-vous lu cettez pièce ? Qu'en avez-vous pensé ?

 

Analyses littéraires

Présentation générale des contes :

Contes originaires de Perse, d'Arabie, d'Inde et d'Égypte, ils sont regroupés sous forme de recueil au fil des siècles.

La plupart sont tirés de récits populaires, de légendes ou de fables inspirés de la tradition orale. Parmi eux figurent les histoires d'Ali Baba, d'Aladdin et de Sindbad le marin, qui sont devenues très populaires en Occident.

Les Mille et Une Nuits reposent sur une trame principale à l'intérieur de laquelle vient s'imbriquer une série de récits contés par une reine légendaire appelée Schéhérazade.

L'histoire commence le jour où le sultan Schahriar découvre l'infidélité de sa femme et ordonne son exécution. Sa colère est telle qu'il décide d'épouser une nouvelle femme chaque nuit et de la faire exécuter au lever du jour.

Résolue à arrêter le massacre en épousant le sultan, Schéhérazade, la fille du Grand Vizir, entreprend de déjouer ses plans. Au petit matin, avant la fin de la nuit de ses noces, elle conte à sa sœur, qu'elle a obtenu de garder à ses côtés pour sa dernière nuit, le premier des récits qui composent les Mille et Une Nuits en s'arrangeant pour que le sultan l'entende.

Elle s'interrompt à l'aube avant la fin de l'histoire, si bien que le sultan, désireux d'en connaître le dénouement, accorde à son épouse un jour de sursis. Elle poursuit ce stratagème nuit après nuit. Après mille et une nuits, la naissance de ses deux premiers enfants et sa conduite noble et vertueuse pendant ses journées, le sultan revient sur sa décision et annule la sentence de mort (et dort enfin des nuits entières....)

Le premier fragment recensé des Mille et Une Nuits date des années 800. Le recueil s'est étoffé au cours des siècles pour atteindre sa forme actuelle rédigée en arabe à la fin du XIVe siècle. L'orientaliste Antoine Galland l'a traduit en français de 1704 à 1717.

ALI BABA et les quarante voleurs

Ali Baba est un des héros les plus connus des Mille et Une Nuits.

L'histoire raconte comment Ali Baba, un pauvre bûcheron, parti ramasser du bois dans la forêt, voit surgir une bande de voleurs. Ayant pris soin de se cacher, il les voit pénétrer dans une caverne qui s'ouvre lorsqu'ils prononcent les mots «Sésame,ouvre-toi».

Après leur départ, Ali Baba s'approche à son tour de la caverne et répète les mots magiques. À sa grande surprise, la caverne s'ouvre et dévoile un fabuleux trésor d'or et de diamants. Il charge quelques-unes de ces richesses sur son mulet avant de rentrer chez lui.

Son frère Cassim, un riche marchand au cœur de pierre, découvre bien vite son secret et lui demande des explications. Le jour suivant, Cassim se rend dans la caverne en quête du trésor. Au moment de quitter les lieux, il oublie la formule magique et reste enfermé.

Les voleurs le découvrent, le tuent et partent à la recherche d'Ali Baba pour lui faire subir le même sort. Heureusement, Mordjane, l'esclave d'Ali Baba, réussit à déjouer leur plan. Plein de gratitude, Ali Baba redonne sa liberté à Mordjane et l'épouse. Dans certaines variantes de ce conte, l'esclave épouse le fils d'Ali Baba.

Ce conte illustre deux thèmes courants : la récompense du bien ou de la générosité et le châtiment du mal ou de la cupidité.

SINDBAD le MARIN

Sindbad le Marin, autre héros fameux des Mille et Une Nuits. Le nom de Sindbad signifie «voyageur au Sind» (province du sud-est du Pakistan).

Selon la légende, un pauvre porteur, Hindbad, accablé de travail se reposait à l'ombre d'un grand palais à Bagdad et se demandait avec envie comment son propriétaire avait amassé une telle fortune.

Ce dernier, qui n'était autre que Sindbad le Marin, invita le porteur et lui fit le récit des sept longs et périlleux voyages qu'il avait accomplis. Marchand sous le règne de Haroun al-Rachid (786-809). Sindbad partit en voyage pour les besoins de son négoce, périple qui le conduisit en Inde, à Ceylan et dans d'autres contrées où il affronta mille péripéties.

Son récit prouva à son hôte que ses richesses étaient le fruit d'un dur labeur et de longues années d'épreuves. Le porteur reconnut les mérites de Sindbad qui, à son tour, partagea avec lui une partie de ses biens. Les deux hommes devinrent alors les meilleurs amis du monde.

Les aventures de Sindbad fascinèrent le public populaire en Europe, d'autant que le conte mettait en valeur la réussite fondée sur le travail en cette période de naissance du capitalisme.

Le conte est également une source inestimable de renseignements sur la vie des marins arabes et le commerce oriental aux VIIIe et IXe siècles.

ALADDIN et la lampe merveilleuse

Aladdin (de l'arabe Ala-ad-Din), jeune héros d'un royaume de Chine, plutôt négatif à ses débuts : Il est lefils paresseux d'un pauvre tailleur.

Il fait la rencontre d'un magicien qui parvient à le convaincre d'aller chercher pour lui une lampe merveilleuse cachée dans une sombre caverne. Mais la grotte s'écroule avant qu'Aladdin n'ait eu le temps de lui remettre la lampe.

De dépit, le magicien mure la caverne, vouant ainsi le jeune garçon à une mort certaine. Désespéré, Aladdin frotte incidemment la lampe entre ses mains… et fait apparaître un génie puissant capable de satisfaire tous ses désirs.

Sorti de sa prison, Aladdin devient immensément riche grâce au génie et épouse la fille du roi. Mais le magicien réapparaît, vole la lampe par traîtrise et fait disparaître le palais et la famille du héros.

À l'issue de multiples aventures, Aladdin retrouve les siens exilés en Égypte. Enfin libéré de ses ennemis, il succède au Sultan sur le trône.

Aladdin et la lampe merveilleuse reprend tous les archétypes du genre : aventures surnaturelles, créatures magiques, récit en épisodes caractéristique de la littérature orale, lutte du bien et du mal, etc.

Il ajoute également à ces motifs le personnage particulier d'Aladdin, toujours exotique (les Arabes en ont fait un Chinois et les Européens, un Arabe), fantasque et un peu inconscient, plongé par le destin dans une aventure généreuse de type initiatique : lutter contre le mal (en soi comme autour de soi) pour garder la lampe, finalement non pour soi mais pour le bonheur des autres.

Pour aller plus loin dans l'étude des Contes

Note : cette partie a été utilisée par l'auteur de ces lignes en classe de 5° pour étudier le schéma du conte. Elle peut aussi aider un lecteur curieux...

LA SITUATION INITIALE DANS 3 CONTES DES MILLE ET UNE NUITS :

ALI-BABA, SINDBAD LE MARIN et ALADDIN (traduction utilisée : celle d'Antoine Galland)

1. En quoi les premières phrases nous font-elles entrer dans l’univers du conte ?

ALI-BABA

SINDBAD

ALADDIN

Puissant sultan, dit-elle, dans une ville de Perse, il y avait deux frères…

Sire, sous le règne du Calife Haroun-al-Rachid, il y avait à Bagdad un pauvre porteur…

Sire, dans la capitale d’un royaume de Chine, il y avait un tailleur…

  • Ces 3 contes débutent par une invocation au sultan : « sire » (x2), «  puissant sultan ». Nous met dans le système de la double narration : Schéhérazade la conteuse fictive au sultan, Formules variées : ne pas lasser son auditeurs.

  • Procédé de la mise en abyme, qui consiste à intégrer un récit dans un autre récit. Celui de la Sultane, raconté par le narrateur Arabe, Persan, Indien… à ses auditeurs puis,par la suite, l’auteur au lecteur. Premier but : distraire le lecteur, le faire réfléchir ; but « interne » au conte : sauver la vie de Schéhérazade = plaisir + suspense : Y arrivera-t-elle ?

  • Formule qui nous fait entrer dans l’univers de la fiction : « il y avait », comme « il était une fois », formules consacrées qui nous montre que tout va devenir possible

2. Qu’apprenons-nous sur les personnages et le cadre spatio-temporel du récit ?
 

ALI-BABA

SINDBAD

ALADDIN

Lieux

Ville de Perse lointaine

Bagdad

Une capitale chinoise

Epoques

Passé indéterminé (imparfait)

Sous le règne du Calife Haroun-al-Rachid

Passé indéterminé (imparfait)

Personnages

2 frères :

Cassim, marié, riche, Ali Baba, pauvre vendeur de bois,

Sa femme et ses enfants

Hindbad, pauvre porteur

Sindbad le marin, riche voyageur

De superbes domestiques

Mustafa, très pauvre tailleur

Sa femme

Aladdin, leur fils polisson

Ressemblances entre les 3 contes :
  • La pauvreté d’au moins un des personnages et de sa famille : élément de stabilité récurrent dans le début des contes

  • L’imprécision relative du cadre : on nomme 2 fois des pays sans trop de précision, chaque fois l’époque est lointaine, assez floue pour ne pas pouvoir être vérifiée. Ce sont les des détails, quotidiens ou historiques, « sous le règne du Calife Haroun-al-Rachid », «  royaume de Chine », « ville de la Perse », « troupe à cheval »… qui nous renseignent sur le temps et les lieux.

  • La dimension exotique et mythique : Ces contes ont été mis par écrit entre le X° et le XIV° siècle. Le règne d’Haroun-al-Rachid (+/- 800) était déjà très lointain pour les auditeurs de l’époque, et permettait donc l’intrusion de l’exploit et du merveilleux.

Les différences :
  • Ali-Baba est pauvre mais travailleur : coupe du bois dans la forêt, le charge sur ses 3 ânes, revient le vendre en ville

  • Aladdin est un jeune gredin : il a fait mourir  son père de tristesse, sa mère devient encore plus pauvre et doit travailler. Il continue à jouer avec des vauriens

  • Hindbad est travailleur, mais envie le riche Sindbad, qui semble un marchand oisif

  • 2 contes ont comme 1° héros le nom-titre, le 3° présente d’abord un autre personnage (Hindbad). Son rôle : introduire Sindbad

3. L’élément perturbateur : par quel événement l’action est-elle enclenchée, quand se produit-elle ?

ALI-BABA

SINDBAD

ALADDIN

Un jour qu’il était dans la forêt… il aperçut une grosse poussière

Il était encore occupé de ces tristes pensées,… lorsqu’il vit sortir un valet

il était dans cette situation, lorsqu’un jour… un étranger s’arrêta

Les ressemblances :
  • Seconde étape introduite par un CCTemps, marque une rupture dans le déroulement de la narration : lorsque (x2), un jour que .

  • Temps nouveau : le passé simple : se produit à un moment précis, déterminé de l’histoire. cet événement est le point de départ de l’action

  • La rupture provoque la surprise : attente d’événements surprenants, d’épreuves, d’aventures et de péripéties diverses.

Les différences :
  • Ali-Baba voit des voleurs : introduit un problème qu’il devra résoudre

  • Hindbad se fait inviter à dîner, cela va permettre de  connaître Sindbad, le véritable héros, changement de sujet ?

  • Aladdin rencontre le magicien, encore neutre mais menteur : il se fait passer pour son oncle,  problème ?

Prolongements possibles :
  • Ali-Baba se bat contre les voleurs : sa vie est en jeu

  • Sindbad raconte ses aventures : sûrement périlleuses

  • Le magicien entraîne Aladdin dans des aventures magiques, peut-être dangereuses

Conclusions :

* Le conte raconte une histoire imaginaire qui se passe à une époque indéterminée, souvent lointaine, et dans un lieu imprécis. Il commence en général par « il y avait », ou « il était une fois »

* A côté de l’auteur qui invente l’histoire, il existe un auteur fictif, le narrateur, dont le rôle est de raconter les contes. Ici, sa vie dépend de leur intérêt, d’où un double suspens.

* Les personnages sont présentés de façon très simplifiée ( un porteur, un pauvre tailleur…). Les bons y sont souvent victimes des méchants.

* Les verbes sont conjugué à l’imparfait. Un élément modificateur vient perturber la situation initiale. Il est annoncé par des compléments de temps tels que « Un jour », « lorsque »… et des verbes au passé simple. Il provoque un effet de surprise et d’attente.

* Le héros du conte est celui qui doit accomplir une quête : il cherche un objet, une personne, la richesse, le bonheur, quelque chose qu’on lui a pris… toutes situations difficiles à affronter et qui montreront sa valeur ou son intelligence.

* On peut chercher toutes les similitudes entre les voyages d’Ulysse et de Sindbad (le cyclope, le pays des Lotophages…)

* Grâce à ce travail, on voit bien le rôle des royaumes arabes, qui vivaient en paix pendant les invasions, en Europe de l’ouest, par tous les barbares venus par la Germanie :

Ils ont été les dépositaires de la culture gréco-romaine, par leurs échanges avec le royaume chrétien d’Orient (Constantinople, la Syrie, etc.), et ont pu nous la retransmettre, lorsque la paix s’établit ensuite en Europe.

Un défi de lecture :

Saurez-vous répondre à ces questions (allez, rassurez-vous, je donne les réponses à la fin...)

LES AVENTURES DE SINDBAD LE MARIN

* Quel est le genre du livre ? est-ce une fiction ou une réalité ?

Qui est le narrateur ? A-t-il un rapport avec l'auteur ?

* La situation initiale : qui sont les personnages en présence, où et comment vivent-ils ?

* Par quel événement l'action est-elle déclenchée ? Qui est Sindbad, pourquoi va-t-il raconter ses voyages ? Peut-on dire en combien de temps se déroule le récit ? Quelles indications possédons-nous ?

* Résumez l’épisode de son voyage au pays du roi Mihrage (déroulement, résolution)

* Faites la liste des animaux dont il est question dans tout le 2° voyage. Lesquels jouent un rôle important ? Précisez ce rôle. Quel est l’objet qui permet, à 2 reprises, d’être sauvé ? Comment l’utilise-t-il ?

* Racontez l’épisode dupays du Cyclope : à quoi nous fait penser cette histoire ?

* Qu'y a-t-il de merveilleux dans les événements narrés dans ces récits ? Qu'est-ce qui vous a semblé le plus extraordinaire (dans les aventures, les personnages ou les lieux décrits) ?

* Qu’a retiré Sindbad de ces 3 premiers voyages ? Comment retrouve-t-il, chaque fois, ses richesses ? Pourquoi repart-il chaque fois ?

* Résumez les dangers que Sindbad rencontre avec : - les anthropophages. Quels personnages l’aident-ils à s’en sortir ?

- la dame veuve : que se passe-t-il ? Racontez les différentes aventures dans la grotte aux cadavres, et le dénouement.

* Dans le cinquième voyage : dites dans quel lieu se produit chacune des aventures citées : la cueillette des noix de coco, l’achat de poivre, d’aloès, de perles, l’attaque des rocs et le naufrage, l’œuf de roc brisé, l’esclavage du vieillard de la mer.

* Dans les voyages 6 et 7, indiquez dans quel ordre se sont passés ces épisodes : explorateur de rivière souterraine - naufragé au pied d’une falaise inaccessible - esclave vendu par des pirates - fossoyeur de ses compagnons morts - ambassadeur d’Haroun al-Rashid auprès du roi de Sérendib - constructeur de radeau - chasseur d’éléphants - marchand caravanier - marchand d’ivoire.

* Qu'y a-t-il de merveilleux dans les événements narrés dans ces récits ?

* Décrivez Sindbad : a-t-il évolué au cours du récit ? Qu’est-il devenu ?

* Racontez en détail la fin du conte, que deviennent les différents personnages ?

Quelques réponses aux questions :

* Les narrateurs sont doubles : Shéhérazade et Sindbad. Ils n’ont aucun rapport, ni avec l’auteur, anonyme, ni avec le traducteur, Antoine Galland. Ces récits sont de pure fiction, ce sont des contes.

* La situation initiale : personnages en présence, où et comment vivent-ils ? : A Bagdad, sous le règne du Calife Haroun-al-Rachid ; Hindbad, pauvre porteur, et Sindbad le marin, riche voyageurs..

* Par quel événement l'action est-elle déclenchée ? Qui est Sindbad, pourquoi va-t-il raconter ses voyages ? Par la colère d’Hindbad contre son infortune et la richesse de Sindbad qui semble le narguer

* Durée : de 20 à 30 ans. Il dit qu’un voyage dure qq années (parfois 5 à 6 ans, et il passe 2 à 3 ans entre 2 voyages. Il a donc entre 20 et 50 ans "barbe blanche")

* l’épisode de son voyage au pays du roi Mihrage (déroulement, résolution) : Rencontre les palefreniers du roi qui viennent marier ses cavales avec un cheval marin, puis retrouve ses richesses dans un bateau et refait du commerce

* liste des animaux dont il est question dans tout le 2° voyage. Lesquels jouent un rôle important ? Précisez ce rôle. Quel est l’objet qui permet, à 2 reprises, d’être sauvé ? Comment l’utilise-t-il ? : Oiseau roc, serpent, éléphant, aigles, aiglons, rhinocéros, buffle (7 sortes). Le roc et l’aigle transportent Sindbad hors d’un endroit d’où il n’aurait pas pu sortir seul. Il se sert 2 fois de son turban comme d’une corde

* l’épisode dupays du Cyclope : à quoi nous fait penser cette histoire ? : L’histoire reprend un épisode de l’Odyssée, Sindbad joue le rôle d’Ulysse.

* le merveilleux dans ces récits ? le plus extraordinaire (dans les aventures, les personnages ou les lieux décrits) ? :Le roc est un oiseau imaginaire, se faire emporter dans les airs est fantastique. Le cyclope est un être mythologique, les éléphants l’emmènent dans leur cimetière etc.

* Qu’a retiré Sindbad de ces 3 premiers voyages ? : Richesses diverses, bonheur et repos, dans un 1° temps.

* Pourquoi repart-il chaque fois ? :parce qu’il est entraîné par le démon de l’aventure, et qu’il finit par s’ennuyer à Bagdad

* dangers que Sindbad rencontre avec les anthropophages. Quels personnages l’aident-ils à s’en sortir ? : devenir fou avec les herbes, être engraissés et dévorés. Il est sauvé par les cueilleurs de poivre

* la dame veuve : que se passe-t-il ? : Il épouse une dame riche de la cour. Comme elle meurt, il doit être enterré vivant avec elle. Il tue tous les autres vivants enterrés et peut vivre de leurs provisions. A la fin il suit un animal par des tunnels et sort de sa grotte avec tous les bijoux des morts, et se fait prendre par un navire

* Dans le cinquième voyage : dites dans quel lieu se produit chacune des aventures citées : la cueillette des noix de coco :grande forêt près d’une ville riche ; l’achat de poivre, d’aloès, de perles : île de Comari (une des Comores actuelles ; l'attaque des rocs et le naufrage : au dessus du bateau, naufrage dans une île jardin ; l’œuf de roc brisé : une île déserte ; l’esclavage du vieillard de la mer : une île jardin ;

* Dans les voyages 6 et 7,ordre des épisodes : - 4 : explorateur de rivière souterraine,1 : naufragé au pied d’une falaise inaccessible,6 : esclave vendu par des pirates, 2 : fossoyeur de ses compagnons morts,5 : ambassadeur d’Haroun al-Rashid auprès du roi de Sérendib , 3 : constructeur de radeau , 7 : chasseur d’éléphants, 9 : marchand caravanier, 8 : marchand d’ivoire.

Un autre défi :

Essayez de trouver les épisodes principaux d'ALADDIN, donnés ici dans le désordre, en suivant l'ordre logique des événements. Quelle en est la durée ?
Comment a évolué le héros ? :

  A- Dans une capitale chinoise, dans un passé indéterminé, Aladdin est un jeune gredin : il a fait mourir son père de tristesse, (Mustafa, très pauvre tailleur) sa mère devient encore plus pauvre et doit travailler. Il continue à jouer avec des vauriens.

B- Il aperçoit la princesse Badroullboudour (la princesse : belle, brune, des yeux à fleur de tête, vifs et brillants, regard doux et modeste, nez juste et sans défauts, bouche petite et lèvres vermeilles) qui se rend aux bains, en tombe amoureux et envoie sa mère demander sa main. Mais le sultan a offert sa fille au fils du grand vizir.

C- Aladdin rencontre le magicien, encore neutre mais menteur : il se fait passer pour son oncle : c’est l’élément déclencheur des problèmes. C’est crédible pour la famille, car il s’est renseigné sur elle, et lui offre de l’argent, mais pas pour le lecteur car il vient d’Afrique et c’est très invraisemblable. De plus on l’a vu se renseigner, donc il était étranger. Le magicien entraîne Aladdin dans des aventures magiques, dangereuses.

D- Al. risque de mourir de faim dans la caverne. Au bout de 3 jours il frotte l’anneau sans y penser et fait apparaître un génie qui le sort de là. Ensuite, grâce au génie de la lampe qu’il a frottée pour la nettoyer, il vit bien, longtemps, avec sa mère.

E- Le magicien revient, furieux, quand il entend parler des richesses d’Al. Il vole la lampe, transporte le palais en Afrique et fait condamner Al. à mort. (Le père de la princesse veut le bien de sa fille : il la donne à Al. quand il le voit si riche et veut le tuer quand elle disparaît)

F- Le frère cadet du magicien veut le venger, se cache sous les habits de Fatime, une sainte ermite qu’il tue. A. le démasque grâce au génie de la lampe, le tue. A la mort du sultan, il devient sultan à son tour.

G- Al. retrouve la palais grâce au génie de l’anneau, la princesse endort le magicien, le palais revient en Chine.

H- Le magicien entraîne Aladdin loin dans les montagnes, ouvre le sol par des paroles magiques, y fait pénétrer A. qui doit trouver la lampe, au travers de jardins extraordinaires, et grâce à un anneau magique. Devant le refus d’Al. de lui donner la lampe, il l’enferme sous terre et repart en Afrique.

I-.Grâce au génie de la lampe, Al. réussit à défaire le mariage de la princesse avec le fils du grand vizir et à épouser la princesse, grâce aux richesses de la caverne. Ce mariage dure, heureux, plusieurs années. [note : les génies sont successivement le génie de l’anneau qui sauve Al. de la caverne et le transporte en Afrique et le génie de la lampe, qui obéit à celui qui la frotte]

Eléments de réponse :

Ordre du récit : A-C-H-D-B-I-E-G-F

Aladdin, (qui est déja beau, vif,intelligent, courageux, astucieux, agréable à regarder, adoré du peuple) est devenu riche, sage et heureux. Il a appris la ruse et la réflexion avec le bonheur.

Durée du conte : la mère met quelques mois à épuiser les plats d’or ; 1 an à parler au sultan ; 3 mois de probation avant le mariage ; quelques années avant le retour da magicien, quelques années avant de devenir sultan. = +/- 10 ans en tout.

Conclusion générale des contes :

Une leçon est donnée à la fin par Schéhérazade elle-même :

Il faut se servir de ses richesses pour le bien. Un monarque doit rester équitable, bon et honnête, et chacun doit obéir aux règles de la religion.

Avez-vous lu ces contes ? Qu'en avez-vous pensé ?

Analyses littéraires

L’origine et la spécificité des contes :

Un conte est un récit narratif (parlé ou écrit) d'aventures imaginaires dont le merveilleux est l'un des éléments les plus caractéristiques.

conte neigeAvec le conte, on entre dans une dimension où les choses ne sont plus les mêmes, où la logique n'est plus celle de la réalité : c'est un monde virtuel que nous acceptons, car il comble notre besoin profond de rêve.

Une de ses spécificités réside dans la présence d'un narrateur qui anime le récit,comme Shéhérazade dans les Contes des Mille et Une Nuits, par exemple. 

Le conte propose alors sa propre vérité, même s’il est complètement extravagant, parce qu'il suit le fil du rêve du conteur et de son auditoire.Les contes éveillent l'âme à l’imaginaire, à l'audace, à la liberté et au désir.  

A l'origine, les contes de la tradition orale concernaient les adultes, ce qui n'empêchait pas les enfants d'en être friands, notamment aux veillées, lorsqu'ils avaient le droit d'y assister !

En France, c'est au XVII° siècle que le répertoire destiné à la littérature de jeunesse s'empare peu à peu de la littérature orale, et donc des contes, c'est pourquoi ils ont eu longtemps la réputation d'appartenir à la littérature enfantine. Contes de Perrault, de Ma mère l’Oie, de Madame de Genlis, une des préceptrices des enfants royaux…

Quoi plus attrayant qu’un conte pour que l’enfant, qui vit dans un univers d'adultes, se reconnaisse dans le héros et transcende sa condition «d’éternel obéissant» ?

Le style et la forme des contes :

Le conte ne se présente pas comme un récit classique, il utilise des formes spécifiques et des formules nécessaires pour se situer dans l'imaginaire et le symbolisme.

Les formules sont également utiles au conteur pour maintenir l'attention des auditeurs éveillée, et elles aident à la mémorisation lorsqu'elles sont courtes et reviennent à des moments fixes. 

- les formules d'introduction :

Elles insistent sur le caractère imaginaire du récit ou sur son universalité (époque indéterminée, souvent lointaine, lieu imprécis) : «Il était une fois...» (Once upon a time...) ou «Dans le royaume de… il y avait...» : formules consacrées qui nous montrent que tout va devenir possible.

- les formules répétitives : 

«Ma mère-grand, que vous avez de grands bras !... Ma mère-grand que vous avez...» du Petit Chaperon Rouge ; «Puissant sultan», «sire» de Shéhérazade dans les 1001 nuits

- les formules finales :

Elles annoncent que le conte est terminé «ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants», «ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours»; plus sobrement chez les conteurs scandinaves : «c’est ainsi que l’histoire finit», ou : «voilà l’histoire, et le dernier qui l’a racontée en a encore la bouche toute chaude» (les frères Grimm) et parfois la nécessité de continuer la transmission, comme dans la formule africaine : «Le conte est terminé, je l'ai replacé sous l'arbre où je l'avais trouvé» … où quelqu'un devra le reprendre.

- Les verbes

Ils sont conjugués à l’imparfait, temps d’un récit d’époque imprécise. 

-Un élément modificateur

Vient perturber la situation initiale. Il est annoncé par des compléments de temps tels que «Un jour»,«lorsque»… et des verbes au passé simple. Il provoque un effet de surprise et d’attente des péripéties à venir.

Les éléments et personnages merveilleux :

Dans les premiers temps de l'humanité, l'homme craignait et sacralisait la nature. Les esprits en faisaient partie. L'homme en parlait pour les apprivoiser un peu, ou se les rendre plus favorables…

Aujourd'hui,ces esprits existent encore dans de nombreux contes ou histoires fantastiques dans lesquels ils ont une place de choix.

Les succès du cycle du Seigneur des Anneaux, de Tolkien, ou de Harry Potter, de J. K. Rowling, relayés par le cinéma, nous les ont rendus familiers. Ils sont souvent regroupés sous le nom de "Petit peuple", ou font partie du "Royaume de Féerie". 

Croire en eux, les connaître, ouvre la porte du merveilleux. En voici les représentants principaux :

- Les représentants du pouvoir :

Fées et dryades ; sorciers et sorcières ; génies, enchanteurs et magiciens 

- Les élémentaux de la terre :

gnomes et gobelins ; lutins et farfadets 

- Les élémentaux de l'eau :

sirènes et néréides ; ondines et naïades  

- Les élémentaux de l'air :

elfes et sylphes,

- Les élémentaux du feu :

salamandres. 

- Les "hybrides mythologiques :

centaures, satyres, chimères, harpies, sphinx... 

Ce sont des entités énergétiques qui habitent les éléments qu'ils animent et protègent. Leur corps ne sont pas toujours physiques ou matériels, ils adoptent parfois la forme et la couleur de l'environnement.

Ils sont souvent difficiles à voir, car ils ne se manifestent aux humains que lorsqu’ils le désirent. Leur rôle est d’assurer la garde et la continuité de la nature.

Les Monstres et autres bêtes fabuleuses symbolisent généralement les forces obscures et non maîtrisées de la vie et de la nature humaine : les combattre et les vaincre signifie, pour le héros, la victoire de l'homme sur les démons, de la réflexion et la sagesse sur l'instinct et la brutalité de la bête.

L’histoire et le rôle des contes :

- Un rôle fondateur

Les premiers contes sont les récits mythiques, situés dans un «temps d'avant le temps», transmis par tradition orale : ils expliquent à l'homme comment et pourquoi il se trouve sur terre, comment il doit vivre.

L'homme se crée un commencement et il peut le raconter. Repris par les religions, ces récits nous enseignent les Genèses propres à chaque civilisation. On les nomme aussi "textes fondateurs"

Ils continuent avec les récits épiques des héros divins ou semi-divins :Hercule ou Thésée, dans les récits grecs, l’intervention des dieux dans L’Iliade ou l’Odyssée, pour n’en citer que quelques-uns…

Ces récits ont un début et une fin, comme toute existence ordinaire, ce qui introduit le "temps" : celui au cours duquel se déroule l'histoire, et celui qu'il faut pour la raconter. Ils sont la "conscience" de l'humanité en servant de règles, de références, de lois.

Les contes ont donc joué des rôles importants dans les anciennes sociétés rurales occidentales et ils le jouent encore dans des sociétés traditionnelles d'Afrique, d'Amérique, d'Asie, d'Océanie.

- Un rôle de divertissement

Ce rôle est la première fonction de la littérature orale : il suffit de se souvenir du plaisir causé par les récits d'Ulysse à Nausicaa et Alkinoos avant d’en être reconnu pour en voir la fonction conviviale.

Au Moyen Age européen, trouvères et troubadours faisaient rêver les châtelains avec les récits merveilleux de la Table Ronde et les villageois avec les Fabliaux populaires…Certains contes étaient réservés aux hommes, certains aux femmes et aux enfants.

Aujourd'hui encore en Afrique noire, les contes sont, avec le chant et la danse, le divertissement le plus apprécié. Au Maghreb et au Moyen-Orient, des conteurs professionnels passent encore de village en village.  

- Un rôle pédagogique et moral

Les contes véhiculent un savoir qui se transmet de génération en génération. Ils introduisent des "leçons de choses" en parlant du milieu naturel (faune, flore, environnement géographique...) qu'un jeune retient mieux sous cette forme.

Ils fournissent une morale sociale qui justifie les règles de la vie communautaire et ses valeurs : le héros du conte doit accomplir une quête : il cherche un objet, une personne, la richesse, le bonheur, quelque chose qu’on lui a pris… toutes situations difficiles à affronter et qui montreront sa valeur ou son intelligence.

A la fin du récit, les «méchants» sont punis, les «bons» récompensés, le mérite personnel triomphe, après une série d'épreuves difficiles… Le conte enseigne alors comment prendre la vie du bon côté, malgré les malheurs qui peuvent survenir en cours de route.

- Un rôle psychologique

Les contes posent sous forme d'images symboliques les problèmes inconscients auxquels sont confrontés les individus : relations avec les autres, conflits de générations, intégration des jeunes dans la société... et proposent des solutions.

Par la dramatisation des fantasmes, ils aident, sinon à les surmonter, du moins à en prendre conscience, notamment les contes initiatiques, comme souvent, les contes d’Andersen (La petite sirène, qui veut échapper à sa condition d’être marin immortel pour accéder aux amours humaines, par exemple).

Les aventures de Harry Potter, bien connues des jeunes d’aujourd’hui, sont un très bon exemple de conte initiatique contemporain basé sur le merveilleux des contes.

Conclusion :

Le conte, longtemps cantonné dans la littérature enfantine, mais qui est issu des plus anciennes traditions, a repris, de nos jours, grâce à des auteurs reconnus, une place entière dans la littérature pour adultes.

D’autres supports s’en sont emparés : le dessin animé, la BD, le cinéma, grâce à la possibilité d’utiliser les effets spéciaux de la technologie moderne

Le succès de grandes sagas merveilleuses comme les cycles «Harry Potter», «le Seigneur des anneaux» a amené de nombreux lecteurs, jeunes ou adultes, à se plonger avec délices dans ce genre littéraire.

Une des meilleures preuves en est le détournement parodique, comme par exemple «Shrek» une contrefaçon burlesque du conte classique qui montre à quel point il fait à nouveau partie de notre imaginaire !

Avez-vous lu ces contes ? Qu'en avez-vous pensé ?

Analyses littéraires

Composantes Principales : Le sujet est en général une sorte de fait divers, apparemment banal et faisant partie de la vie quotidienne, mais qui prend rapidement des proportions inattendues, du fait des circonstances, de ses conséquences et de sa signification.

Partant d’un événement insignifiant, la nouvelle aboutit donc souvent à une " situation limite ", à une véritable crise.

Pourtant ces événements, même très étranges, sont présentés comme réels, vraisemblables quoique inattendus.

Le récit est constitué d’épisodes concentrés sur une période brève, peu nombreux : un seul événement est mené jusqu’au bout de ses conséquences qui s’enchaînent de façon rigoureuse (logique, chronologique) jusqu’à une conclusion qui apparaît comme la conséquence logique des péripéties précédentes.

Les personnages sont aussi peu nombreux. Ils ne sont pas décrits en détail : leur portrait moral ou physique se concentre sur un trait principal, qui sera poussé jusqu’à ses conséquences extrêmes.

Le décor, de même rarement décrit en détail, ne présente que les aspects indispensables à la compréhension ou à l’effet qu'il cherche à produire sur le lecteur (humour, suspense, fantastique…).

Quant au style, on y retrouve souvent le mêmes constantes :

- sobriété et précision (Il y a peu d’effets inutiles : l’auteur vise l’efficacité),

- vivacité : il cherche à faire participer le lecteur au déroulement des événements,

- familiarité : il intervient au cours du récit pour souligner l’importance ou la signification d’événements rapides, qui pourraient nous échapper.

En conclusion :

La nouvelle permet donc de faire ressortir le sens d’événements qui paraissent habituellement insignifiants, elle nous découvre l’étrangeté cachée de notre monde quotidien.

Une courte bibliographie :

La nouvelle est souvent le support de récits humoristiques, (Alphonse Allais, comme, par exemple, le vol du grand escalier de l'Opéra ou l'Affaire Blaireau ; Mark Twain : Ma Montre, la Célèbre grenouille sauteuse du comté de Galavaras, etc.)

- policiers, (Roald Dahl :Bizarre, bizarre, qui combine les genres policier, fantastique et humour noir ; Sir Arthur Conan Doyle et de nombreuses aventures de Sherlock Holmes)...

- merveilleux, (contes et légendes de l'Antiquité à nos jours, et transmis de génération en génération dans toutes les civilisations de Monde...: les Contes de Perrault, de Grimm, pour n'en citer que quelques-uns, les Contes des Mille et une nuits venus d'Orient, les contes ou légendes d'Afrique, d'Asie, d'Amérique, d'Océanie...),

- fantastiques, (Edgar Poe : les Histoires extraordinaires, Maupassant : le Horla, Kafka, Buzzati : le K, Mérimée : La Vénus d'Ille...),

- exotiques, pour nous, c'est-à dire des récits "venus d'ailleurs", comme ces contes danois contemporains de JØrn Riel : Racontars arctiques, ou la trilogie de La maison de mes pères, entre merveilleux, fantastique, policier et humour...

ou ces récits sud-américains qui nous plongent dans "l'enfer vert amazonien" : Anaconda, ou Contes d'amour, de folie et de mort d'Horacio Quiroga...

- ou, aussi, de science-fiction (Bradbury : les Chroniques martiennes, Asimov...)

Avez-vous lu des nouvelles ? Qu'en avez-vous pensé ?