Préparation aux concours paramédicaux

Note : Ce manuel a été rédigé en 2003. Cela peut sembler ancien, mais l'analyse d'un texte et la culture générale restent l'analyse d'un texte et la culture générale, et, dans l'ensemble, les épreuves restent les mêmes sur de nombreuses années. Seuls, les exemples peuvent varier suivant le cours de l'actualité. Il faut impérativement se tenir au courant de ce qui se passe dans notre pays et dans le monde !

Pour réussir l'épreuve de culture générale

reussirUn extrait du manuel : Pour réussir l’épreuve de culture générale

Editeur Médecine-Sciences Flammarion juin 2003

ISBN 2-257-10978-3

Comment ne pas confondre, lors de l’analyse d’un texte proposé au concours, l’information objective et le commentaire ajouté par l’auteur…

Les textes proposés sont en général tirés d’articles de presse, de livres ou de revues scientifiques.

Leurs auteurs peuvent y mêler des informations et des commentaires personnels : il faudra savoir les différencier pour mieux analyser le problème qu’on vous posera.

L’information désigne les événements et les faits qu’on porte à la connaissance du lecteur ou de l’auditeur. L’information se doit d’être la plus complète possible, la plus concrète, la plus objective. Elle s’appuie souvent sur des connaissances indiscutables, des faits avérés, des informations chiffrées.

Le commentaire nous livre une interprétation des faits rapportés. Il part de remarques, de réflexions, d’explications personnelles de l’auteur, pour aider à comprendre et partager ses sentiments, son point de vue. Le vocabulaire en est souvent abstrait.

Exemple :

"Trois hommes, depuis trois jours, tournent autour de la lune. Je ne veux pas savoir si ce sont des Américains ou des Russes : ce sont des hommes.[…]

Comment ne s'inclinerait on pas, à cette heure, devant la puissance inventrice et novatrice de la science, et non seulement parce que cette puissance exprime le génie humain dans ce qu'il a de plus irréfutable, mais aussi, et peut-être surtout, parce que, ainsi que le rappelait naguère Jacques Monod, après Albert Bayet, elle témoigne de vertus essentiellement morales : amour désintéressé de la vérité, conscience professionnelle, discipline ascétique, probité scrupuleuse dans la recherche des faits et dans l'utilisation des résultats.

Oui, devant ce chef-d’œuvre de la connaissance et de l'éthique que représente un tel achèvement matériel, nous ne pouvons qu'applaudir.

Mais, au risque de scandaliser quelques-uns, je ne cacherai pas que, pour ma part, je me sens obligé de mettre une sourdine à mon applaudissement. Car on doit quand même se demander si vraiment c'est à bon escient que les plus précieuses qualités morales et intellectuelles de l'homme ont été mobilisées pour la réussite d’un tel exploit.

Je sais que, ce disant, je vais passer pour un terre-à-terre, mais peu m'importe. "

Texte extrait de : Jean Rostand, in Discours à l’ONU du 24 décembre 1968, « Des hommes autour de la Lune… » (Editions des Citoyens du monde et l’Union pacifiste de France)

Analyse :

Dans cet extrait, le commentaire de l’auteur est omniprésent, nous avons mis en italiques et souligné quelques-unes de ses interventions les plus apparentes :

¨   l’emploi du conditionnel, qui introduit le doute,

¨   l’alternance « on » : opinion généralement admise, avec le « je » : idées personnelles de l’auteur – augmenté par des locutions personnalisantes « pour ma part », « je sais que, ce disant », « peu m’importe »

¨   la forme interro-négative « comment ne s’inclinerait-on pas… », formule ironique par la distance qu’elle met entre l’affirmation et la question (non mais, vous croyez vraiment ?)

¨   la relation logique introduite entre deux paragraphes par le « mais », conjonction clé de l’opposition.

¨   l’emploi de formules restrictives comme les locutions « quand même » ou « ne…que »

¨   l’adverbe « vraiment », qui remet la suite en question …

Toutes ces tournures, assez explicites en elles-mêmes, sont mises au service de l’opinion défendue par Jean Rostand : cet exploit est extraordinaire, mais au moment où il a été accompli, il y avait sur notre terre d’autres urgences prioritaires, que l’auteur explique et développe dans la suite de son discours.

Un exercice à faire pour s’entraîner :

- Apportez, par des commentaires, une nuance méliorative (positive) puis dépréciative (négative) aux informations suivantes :

Suivez cet exemple : cette loi vient d'être votée = enfin, cette loi vient heureusement de paraître / cette malheureuse loi a quand même été votée...

¨   La TVA réduite intéresse les agriculteurs

¨   Les médecins du Calvados sont en grève

¨   Etudiants squatters se battent contre la cité U

¨   La consommation des ménages s'est consolidée en 2001

¨   La dépénalisation du cannabis étudiée en Europe

¨   Le Japon relance la chasse à la baleine

Pour la réponse, se reporter au manuel !

 

Préparation aux concours paramédicaux

Note : Ce manuel a été rédigé en 2005. Cela peut sembler ancien, mais le Français reste le Français, et, en général, les épreuves restent les mêmes sur de nombreuses années. Seuls, les exemples peuvent varier suivant le cours de l'actualité. Il faut impérativement se tenir au courant de ce qui se passe dans notre pays et dans le monde !

L'entrée en IFSI

Français, Tests psychotechniques, Culture générale, Entretien

Préparation aux concours paramédicaux L'entrée en IFSIUn extrait du manuel : L’entrée en IFSI

Editeur Flammarion Médecine – Sciences. Juillet 2005.

ISBN 2-257-12963-6

Les textes d’ordre économique, géographique, polémique, ou informatifs comme les articles de journaux, s’appuient souvent sur des données chiffrées. Elles viennent à l’appui de la démonstration de l’auteur, illustrent son propos ou lui servent de preuve. Comment les résumer sans les trahir ? […]

Ce qui est nécessaire, c’est de comprendre et repérer les idées et l’argumentaire sous les chiffres. Que veut prouver l’auteur ? Quelles sont ses intentions ? Les chiffres sont-ils un exemple - à supprimer - ou la base de sa démonstration – à conserver, quitte à les reformuler.

Partie I : Méthodologie du résumé de texte.Les données chiffrées (page 32)

Prenons un texte, tiré d’un article de Bertrand Poirot-Delpech, (Le Monde, 25 avril 1990), donné au Bac en septembre 1991 pour les sportifs de haut niveau. “ La lecture en danger : alerte à la barbarie ”

“ […] Les chiffres concernant les nouvelles pratiques culturelles des Français, en particulier la concurrence du tourisme ou des “ baladeurs ”, sont dans toutes les conversations depuis un mois. Il y a plus préoccupant : le recul de la lecture chez les quinze/vingt-quatre ans, c'est-à-dire dans la classe d'âge qui modèlera les mœurs culturelles de demain. Pour les quinze/dix-neuf ans, la proportion de lecteurs est tombée de 89 % en 1973 à 86 % en 1988 ; pour les vingt/vingt-quatre ans, la même proportion a chuté de 86 % à 81 %.

Plus grave encore, l'effondrement, dans les mêmes âges, du nombre de “ grands lecteurs ” (lisant plus de vingt-cinq livres par an), qui donnaient le ton par leur rayonnement en classe et hors de classe : leur proportion était de 39 % il y a 7 ans, elle n'est plus que de 23 %, soit 17 % de baisse, alors que cette baisse n'est que de 8 % pour l'ensemble des Français. […] ”

Analyse :

Dans ce texte, nous sommes confrontés à l’abondance des chiffres :

1. Des tranches d’âge : quinze/dix-neuf ans + vingt/vingt-quatre ans + quinze/vingt-quatre ans

2. La quantité de livres : plus de vingt-cinq livres par an

3. Les proportions dans le temps : 89 % en 1973 à 86 % en 1988 + 86 % à 81 % + 39 % il y a 7 ans + 23 %, soit 17 % de baisse + 8 %

Il est évident qu’on ne peut pas les reprendre tels quels. Ce qu’il faut déterminer, c’est la disproportion entre les différents chiffres donnés, ou le taux de baisse constaté : un abandon de la lecture chez les jeunes au profit d’autres loisirs (le baladeur), la chute du nombre de “ grands lecteurs ”, et une baisse pour l’ensemble des Français. On peut, dans ce cas, aller jusqu’à supprimer complètement les chiffres.

Résumé possible :

“ la pratique de la lecture, chez les jeunes surtout, y compris chez ceux qui lisaient beaucoup, est en nette régression depuis quelques années. ”

Autre résumé proposé :

“ Depuis 1973, on a constaté une régression inquiétante de la pratique de la lecture, surtout chez les jeunes, y compris ceux qui lisaient beaucoup. ”

Cette formulation offre deux avantages : l’adjectif “ inquiétant ” traduit l’idée de “ préoccupante ” du texte de départ, difficile à mettre dans la 1° phrase de résumé sous peine de l’alourdir ; et le fait de garder la date initiale sert de point de départ par rapport à l’évolution du phénomène dans le temps.

Intérêt de cet exercice :

Quand les chiffres établissent des relations entre des faits ou des notions, il vaut mieux garder la proportion et non les chiffres.

Quand ils désignent des valeurs de référence, on peut les garder, au moins en partie, pour donner un point de repère ou un ordre de grandeur à la démonstration.

EXERCICES

Résumez cet article du Magazine aux abonnés de Canal +, Janvier 1999 : Le tabagisme en France

“ En France, un adolescent sur deux fume : dès qu’ils ont 16 ans, ils sont 50% à se demander du feu ! En 1997, il y a 15 millions de fumeurs parmi nous, dont 44% de femmes. Ces victimes de la cigarette (60000 décès par an) en consomment en moyenne 19 par jour, ce qui représente un budget d’environ 450 francs par mois. Bénéfice pour les fabricants de tabac : plus de 70 milliards de francs par an (les taxes sur le tabac ont rapporté plus de 56 milliards de francs à l’Etat en 1997, et chaque fumeur moyen verse environ 4000 francs au fisc).

Seul indice rassurant : la moitié des fumeurs se prétendent prêts à arrêter. Mais comment y parvenir ? 20% des accros à la nicotine ont recours aux patchs, à l’acupuncture et aux médicaments pour compenser le manque ; 80% comptent sur leur seule volonté. Les chiffres de l’Insee ne disent pas combien d’entre eux parviennent à vaincre le tabac… ”

Préparation aux concours paramédicaux

Note: Ce manuel a été rédigé en 1999. Cela peut sembler ancien, mais le Français reste le Français, et, en général, les épreuves restent les mêmes sur de nombreuses années. Seuls, les exemples peuvent varier suivant le cours de l'actualité. Il faut impérativement se tenir au courant de ce qui se passe dans notre pays et dans le monde !

L'épreuve de Français

epreuveLe résumé de Textes - l'épreuve du JVA : un extrait du manuel

Un extrait du manuel :« L’épreuve de Français » résumé de texte – JVA.

Editeur Flammarion Médecine – Sciences . Juillet 1999.

ISBN 2-257-10961-9

LA CONCISION DES PHRASES, Extrait

La reformulation des phrases, page 55n

Avant d’aborder le résumé d’un texte complet, nous allons nous en approcher en tentant de reformuler de façon plus brève, des phrases complexes :

Elles comportent des exemples illustratifs qui ne sont pas essentiels, des citations, ou des répétitions lexicales ou syntaxiques

Leur sens est ambigu, soit à cause du choix des mots, soit par leur système d’énonciation, par exemple des doubles négations ou des emplois d’antonymes à la place de synonymes négatifs.

L’exercice est délicat. En effet, une formulation brève ne doit être ni générale ni vague. Elle offre trois difficultés :

- Le contresens total,

- L’ajout ou l’omission d’une partie importante, ce qui fausse le sens,

- L’altération du sens.

Exemple n° 1 : M. Le Lannou (Déménagement du territoire)

« Il apparaîtra vite à mes lecteurs que je ne me laisse pas traîner sans amertume dans le grand vertige du progrès. Ils sauront que je n’aime ni l’autoroute, ni la télévision et que je n’attends rien de bon des loisirs »

Beaucoup d’exemples, d’ailleurs repris par un terme générique (loisirs). Seul, celui-ci est à conserver. L’adresse aux lecteurs peut être remplacée par l’apostrophe résumante : vous. On peut aussi remplacer la forme négative : je n’aime ni…ni par l’antonyme : je déteste

Reformulation possible :

Vous verrez rapidement (synonyme de vite) que je déteste (synonyme de n’aime) le progrès ou les loisirs (mots-clés à garder). 1° phrase = 43 mots, 2° phrase = 11 mots.

Exemple n° 2 : Molière ( Le Misanthrope, III, 1)

« Parbleu ! Je ne vois pas, lorsque je m’examine

Où prendre aucun sujet d’avoir l’âme chagrine »

A première vue, le personnage fait son portrait (je m’examine). Double négation qui s'annule (je ne vois pas + aucun sujet). Alceste, donc, est satisfait de lui.

A supprimer : l’effet de style : Parbleu ! et toutes les négations. 1° phrase = 18 mots

Reformulations possibles :

- Je vais faire de moi un portrait flatteur 2° phrase = 8 mots.

- A la réflexion, je suis fier de moi 2° phrase = 8 mots.

Intérêt de cet exercice:

Lever des ambiguïtés de sens, condenser une formulation trop longue sans altérer le sens du texte de départ