La Réserve Naturelle de Saint-Denis du Payré

Nous avons croisé, sur nos sentiers de randonnées cyclotouristes ou dans les marais avoisinant la Réserve Naturelle de Saint-Denis du Payré en Vendée, de nombreux oiseaux, tant de mer que de zone humide.

Malheureusement, si nous sommes capables de dire : tiens, un rapace sur ce poteau", ou "les cigognes ne sont pas sur leur nid", comment s’y retrouver entre toutes ces sortes de mouettes, d’échassiers ou autres canards ?

Nous avons donc pris les horaires de la Réserve Naturelle de Saint-Denis-du-Payré, entre la Baie de l’Aiguillon et Luçon, et avons décidé de nous y rendre pour mieux nous retrouver dans cette belle partie plate du Marais Poitevin. (Pôle des espaces naturels, 2, rue du 8 Mai 85580 Saint-Denis-du-Payré. 02;51.28.41.10).

La Réserve Naturelle "Michel Brosselin", du nom de son fondateur, est située sur le marais communal de la commune de Saint-Denis-du-Payré. Elle obéit à une gestion du conservatoire induisant des caractéristiques écologiques spécifiques, dans le cadre d’une "Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique, et Floristique (ZNIEFF) de Deuxième Génération"

plaque entree (3)

Depuis 1976, 220 hectares, à l’altitude moyenne de 2–3m ont été  classés "réserve naturelle". Dans les objectifs, il ne s’agit pas d’accorder de soins particuliers aux oiseaux, mais de maintenir dans le milieu des conditions favorables à leur halte, qu’elle soit temporaire, lors des migrations estivales ou hivernales, ou définitive, en cas d’habitat sédentaire. Il faut donc limiter les pollutions, garantir un bon état de prairie, vérifier le passage et l’observation des règlements...

Depuis sa création, environ 200 espèces différentes ont été recensées. Nous espérons bien en voir une bonne partie !

couloir (6) observatoire

La réserve est bien signalée, à 20 km à la ronde, on y arrive donc facilement.

Jusque dans les années 1950, bien qu’artificialisées par la poldérisation de toute la région, ces prairies humides restaient le lieu privilégié des éleveurs et de leur cheptel. Dans les années 1980, un "schéma d’assèchement des marais de l’Ouest" s’est peu à peu mis en place. Drainage enterré, irrigation par forage dans la nappe phréatique, ont failli faire disparaître toutes ces richesses…

Le rapport Simon, en 1999, dénonce cet état de fait : ce genre de culture ne permet plus une bonne gestion du réseau hydraulique dans la région. Depuis quelques années, en effet, on assiste à de fortes pénuries d’eau en été, comme sur toute une partie du littoral Atlantique…

Heureusement que de bonnes volontés se sont élevées et que des réserves de ce genre montrent à tous l’intérêt de conserver ces lieux humides, seuls garants d’un meilleur équilibre écologique !

Pour arriver à l'observatoire en milieu naturel, il faut quitter le village de Saint-Denis, pour aller à 2 kilomètres, sur la route qui va de Saint-Denis-du-Payré à Triaize, jusqu’à l'entrée de l'observatoire.

L'observatoire

Un parking accueille les véhicules qui s'arrêtent à cet endroit. Nous passons le pont qui enjambe le Lay, puis une longue ligne droite à travers champs nous attend prolongée d'un long couloir en planches monté sur pilotis destiné à masquer notre arrivée aux habitants de la réserve.

Ici, ce sont les hommes qu’on met en cage, pour ne pas troubler le monde animal !

observatoire (1) observatoire (4)

 Nous sommes d'ailleurs prévenus à l'entrée : "Vous allez traverser un milieu ouvert, la faune y est farouche : un comportement discret s'impose dans ce lieu de quiétude ; ce n'est pas un zoo mais un lieu sauvage où la protection des espèces végétales et animales est prioritaire... En aménageant ainsi l'accès à l'observatoire sur 400 mètres de caillebotis, en partie derrière une palissade, nous assurons la tranquillité des oiseaux"...

Il est donc vivement recommandé de ne pas quitter le sentier ni le couloir. Evitons de déranger la nature par du bruit, des cris ou des mouvements brusques. Enfin, si nous savons regarder, écouter et sentir, nous pourrons alors profiter pleinement du spectacle de la nature.

Au bout du couloir se profile le petit bâtiment, en bois lui aussi, bien caché par la végétation. Il faut en ouvrir la porte pour que se dévoile un bel espace. A l’intérieur, une vaste salle est aménagée en arc de cercle : fenêtres d’observation, tabourets, rebords et lunettes de vue… tout y attend le naturaliste en campagne !

L'observatoire est bien équipé : des longues-vues permettent d'observer faune et flore. Le matériel est bien entretenu et de bonne qualité.

L'observation des oiseaux

De jeunes guides-naturalistes et des bénévoles sont présents et nous aident dans nos observations. Ils nous indiquent les espèces et le nom des oiseaux.

Si on veut aller plus loin, des dictionnaires sont mis à notre disposition. En discutant avec ces jeunes gens, on apprend qu’ils sont là pour une quinzaine de jours, et que ça leur sert de stage dans le cadre de leurs études.

Si vous êtes photographe amateur, comme nous, vous pourrez réaliser de beaux clichés car les fentes d'observation sont munies de fenêtres qui s'ouvrent (voir à ce propos nos commentaires quant à l'installation des sites d'observation du Marquenterre qui sont totalement inadaptés), ce qui évite les reflets dans les vitres, toujours sources de difficultés en photographie, mais il faudra un bon 300 mm de focale. En fait, un 500 serait parfait, ou un 100-400 mm mais peu d'entre nous en possèdent !

Le comptage des oiseaux est une des nombreuses activités de l’observatoire :

Par exemple, celle-ci, a permis de recenser la présence de 47 espèces différentes, dont 2200 canards colverts, 370 vanneaux huppés, 186 hérons garde bœufs, 125 barges à queue noire, 86 canards souchet, 58 foulques macroules et, parmi les espèces les moins nombreuses : 1 bécasseau minute, 1 bécasseau cocorci, 1 grand graveleau et 1 fuligule milouin.... Mais lesquels sont passés, ce jour-là, sous nos yeux ?

L'observation à la tombée du jour

La réserve propose , en juillet et en août, des observations de 21 heures à la tombée de la nuit. C'est l'occasion d'observer les oiseaux dans d'autres conditions ; le héron qui vient pécher au coucher du soleil, les cygnes qui se rassemblent pour passer la nuit, les spatules en groupe qui fouillent tardivement la vase...

observatoire nuit reserve soir (1)
 jeunes foulques  information (8)

L'observation à la tombée de la nuit : une sensibilité de 1600 ISO eet recommandée pour y voir un peu plus clair.