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Nous allons maintenant visiter le Yonghe Gong, le Temple des Lamas, 雍和宮, aussi connu sous le nom de Lamaserie de l’Harmonie et de la Paix.
C'est le temple bouddhiste tibétain le plus connu en Chine et le plus fréquenté par les touristes, autant chinois qu’étrangers.
Situé au nord-est de Beijing, il est constitué d'un groupe de bâtiments, érigés en 1694 pour servir de résidence officielle au futur empereur Yongzheng, jusqu'à son accession au trône, en 1723.
L’empereur ayant alors déménagé dans la Cité Interdite, son palais a été transformé en résidence pour lamas, bien qu’il y conservât un appartement, aujourd'hui disparu.
Après sa mort, en 1744, son successeur, l'empereur Qianlong, a officiellement offert ce palais aux lamas Ghelug-pa du bouddhisme tibétain, le courant des Bonnets jaunes, sous l'autorité du Dalaï-lama. Il a alors été aménagé et agrandi.
Au temps de sa splendeur, aux XVIII° et XIX° siècles, le monastère a hébergé jusqu'à 300 lamas tibétains, mongols ou mandchous. Le temple-palais était de fait devenu pour le pouvoir un instrument de contrôle des minorités ethniques voisines.
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Le portail d'enceinte du temple des Lamas | Le Temple des Lamas : arche de la Paix lumineuse, entrée du temple |
Nous arrivons devant la porte sud, monumentale et très ornée, qui donne sur une large cour qui sert aussi de parking.
Elle est fort encombrée, des groupes se pressent pour acheter les billets d’entrée, mais nous le verrons vite, le temple est si grand qu’on ne s’y sent pas gêné par la foule.
Nous passons ensuite sous un portail de 4 colonnes surmontées de 9 frontons gravés de dragons et de phénix qui ouvre sur une belle avenue bordée d’arbres.
Nous y croisons quelques-uns des 100 lamas, surtout Mongols et Tibétains, qui vivent maintenant ici : en effet, Yonghe gong a recouvré toute son importance politique dans les années 50, lors de la mainmise de la Chine sur le Tibet.
Le gouvernement chinois désirant se ménager l'appui des autorités religieuses tibétaines a déclaré le site monument historique en 1949, l’a préservé des destructions de la Révolution culturelle et, après une belle restauration, en 1979, y a autorisé le retour des religieux.
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Le Temple des Lamas : la Tour de la cloche | Le Temple des Lamas : les pavillons octogonaux |
La lamaserie occupe une superficie de 66 400 mètres carrés sur 400 mètres par 200. Elle est constituée de trois parties principales : la cour Baofang, le jardin et les bâtiments, 1134 pièces au total.
Le long des 400 m de l’axe sud-nord, cinq cours successives ont une taille qui se réduit progressivement alors que les bâtiments sont, eux, de plus en plus hauts.
Nous en ressentons bien l’effet désiré, au fur et à mesure de notre progression : on se sent peu à peu enfermé et dominé par les halls qui se succèdent. On dit ici que «les dragons et les phénix
se contemplent et s’affrontent».
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Le Temple des Lamas : le pavillon des Stèles impériales | Temple des Lamas : un brûle-encens en bronze de 1747, de 4 m de haut |
Compte tenu de son origine, l'ensemble combine les styles architecturaux chinois han de l’époque Qing, tibétain, mongol et mandchou.
Entièrement construits en bois, la plupart des édifices sont peints en rouge vif, la couleur porte bonheur. Les avant-toits et entretoises sont, comme d’habitude, ornés de couleurs vives qui éclairent tout ce rouge et l’or est omniprésent dans les bâtiments, les statues et les objets votifs.
Le temple comporte quelques curiosités que nous n’avons vues nulle part ailleurs.
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Le pavillon de l'Harmonie et de la Paix et ses porte-encens | Devant le Yonghegong Dian, l'encens monte vers les cieux |
La porte Zhao Tai, par exemple, est gravée d’inscriptions rédigées en 4 langues : mandchou, han, tibétain et mongol, toujours dans le but de symboliser l’amitié entre ces peuples.
Dans cette cour, deux élégants pavillons jumeaux abritent la Tour de la Cloche et la Tour du Tambour, toutes deux monumentales : les 1° ou 15 janvier du calendrier lunaire chinois, après avoir fait sonner cloche et tambour, la lamaserie observe un silence solennel en l’honneur du nouvel an.
Juste derrière, un groupe de ravissants pavillons octogonaux renferme des tablettes écrites dans ces mêmes langues.
Que de merveilles : portes rouges délicatement sculptées, toits doubles aux décors multicolores et dorés…