La Réserve Naturelle de Saint-Denis du Payré

Nous avons, devant l'observatoire, un espace de marais idéal : Pour assurer la tranquillité du site, une réglementation stricte est appliquée. Ni chasseurs, ni chiens ne doivent franchir les limites de la réserve.

Devant nos yeux s’ouvrent de vastes parcelles de prairies naturelles humides subhalophiles (qui vivent en milieu doux à légèrement saumâtre), séparées par un réseau de fossés et canaux et gérées par pâturage, ce qui explique la présence de paisibles ruminants. Pour nous, l’intérêt de ces vaches est évident : elles sont accompagnées de hérons garde-bœufs qui constituent notre premier objectif photographique !

Les habitants de la réserve

Pour recréer ce milieu naturel, sur un plan d'eau permanent, des îlots ont été élevés artificiellement. Les associations végétales typiques des "zones subsaumâtres sur argile marine à scrobiculaire" s’y sont vite implantées, conférant au lieu un fort intérêt botanique.

parcelles de prairies naturelles nid de cigognes

Divers panneaux nous montrent la présence de nombreuses espèces remarquables dont Elatine macropoda et d'espèces protégées comme l'Etoile d'eau, le Lythrum à trois bractées, une forte densité d'Iris batard...

Des sorties d’exploration végétale des plantes du marais sont organisées dans les environs, par exemple sur le site de « la Belle Henriette », nous ne manquerons pas de nous y rendre !

Les oiseaux

Mais pour l’heure, ce sont les oiseaux qui nous occupent. Nous sommes dans un site très attractif pour l'hivernage, par exemple des oies cendrées, sarcelles d'hiver, canards siffleurs, vanneaux huppés... ou pour le passage des migrations, ce qui permet aux oiseaux de survivre en suivant leurs nourriture tout en allant vers des pays plus chauds.

Pour se diriger, on pense qu'ils utilisent le magnétisme terrestre, peut être aussi les étoiles, comme les marins. Certains oiseaux parcourent jusqu'à 10 000 km, comme les Sternes arctiques. Les oiseaux migrent rarement seuls, ils voyagent en groupe comme les cigognes qui partent en couple avec leurs petits, ou les oies qui volent en "V".

Les risques de ces voyages sont importants : les chasseurs ou les rapaces ne les rateront pas, s’ils les rencontrent ; leur vol les amène à traverser des milieux très hostiles comme les mers ou les déserts, où ils ne peuvent ni se reposer, ni boire, ni manger. Ils doivent donc prendre beaucoup de réserves pour survivre à ces conditions difficiles, et ces lieux d'accueil sont des aides précieuses....

echasse blanche canards de la reserve

 La barge à queue noire est une des grandes migratrices qui passent à Saint-Denis-du-Payré. Elle descend des lieux de reproduction au sud de la Norvège et au Pays-Bas, et en juillet-août fait escale en Vendée où elle sillonne l’espace entre la Baie de l’Aiguillon et les marais intérieurs avant de poursuivre la route du grand sud où elle hiverne bien au chaud, là où elle trouve la bonne température, et d’amples sources de nourriture et de gîte…

Puis, elle repasse ici au printemps..

Canard souchet spatules blanches

 Nous identifions, grâce à nos actifs naturalistes, plusieurs sortes de canards, des spatules blanches, des échasses blanches, des cygnes, noirs ou blancs… Les chevaliers gambettes, juchés sur leurs frêles échasses, s’activent sure le rivage des étangs. De gros oiseaux paressent sur une «belle» (petite hauteur), ce sont des cormorans noirs.

 
vanneau huppe barge a queue noire
busard oies egypte
 
Un mouvement nous alerte, en limite d’un champ : un rapace, le Busard des roseaux, vient de trouver une proie qu’il déchiquète sous nos yeux. Un de ses congénères, attiré par l’odeur, ne peut que le regarder de loin : il tentera sa chance ailleurs !

Quelques espèces migratrices, ayant trouvé les lieux hospitaliers, se sont sédentarisées dans la région : c’est le cas de cigognes, qui ont élu domicile sur des plate-formes mises à leur disposition, ou qui ont squatté un poteau EDF ou toute éminence sympathique : ce sont amis que nous retrouvons avec plaisir à chacun de nos retours dans la région !

Les autres hôtes du parc

Nous sommes trop loin pour le voir, mais le site héberge une importante colonie de tritons marbrés et crêtés. C’est aussi un site d'alimentation pour la loutre d'Europe, mais elles ne se voient pas à ces heures-ci…

En revanche, un autre des hôtes du marais est moins farouche : les ragondins vivent en famille dans les canaux de la région. Nous avons assisté, en venant, à un spectacle amusant.

Pendant que le mâle, reconnaissable à sa taille, vaque dans le champ d’à côté, madame fait traverser le ruisseau à sa progéniture. Il lui en faut, de la persuasion et des va-et-vient, pour que chacun se retrouve du même côté de la rive, car ils sont aventureux et indisciplinés, ses petits !

le ragondin n'a pas de prédateur mis à part l'homme
Un beau mâle ragondin

Lorsque nous quittons, à regret, l’observatoire, un jeune guide nous accompagne et nous montre, derrière le bâtiment, un autre intérêt remarquable du lieu : l’intérêt entomologique.

libellule bleue
libellule brune

28 espèces d’odonates (ces insectes caractérisés par des pièces buccales du type broyeur, comprenant les libellules) vivent ici.

Quelques libellules et demoiselles, bleues, rouges ou vertes, volent autour de nous. Elles se posent sur les plantes ou se livrent à des vols nuptiaux sous nos yeux, formant avec leurs deux corps réunis un cœur volant… et dans la haie, de superbes araignées à la livrée rayée noir et or ont tissé leur toile.

argyope fasciée   L'argyope fasciée  
   

Ce sont des argyopes fasciées (Argiope Bruennichi), aussi nommée araignées-frelons ou épeires fasciées, réputées pour être les plus belles araignées d'Europe occidentale, assez venimeuses, nous dit-il : on se contentera donc de les garder en photo !