L'Ecole Militaire : le manège

En sortant du château, nous repassons par la belle cour d’Honneur et son portique à colonnes doriques géminées qui aboutit à deux petits pavillons surmontés d’angelots guerriers : le contraste est amusant !

Nous saluons au passage le lion de la galerie... Les grilles nous étonnent. Elles sont d’un bleu azuréen et audacieux : c’est la couleur d’origine qui a été retrouvée. Elles claquent sous le soleil avec leurs pointes d’or…

lion de la galerie bleu et or grilles majestueuses
Le lion de la galerie
Bleu et or : c'est royal !
Les grilles majestueuses

Mais l’école s'étend sur près de 12 hectares et nous sommes loin d’avoir visité toutes les dépendances, cours et jardins… Nous franchissons donc les superbes grilles vers la place de Fontenoy.

La carrière, Place de Fontenoy

Nous croisons des cavaliers : ils travaillent sur la carrière qui donne sur la cour d'Honneur tandis que l'hiver ils sont au manège. Hé oui, l'Ecole Militaire est avec la Garde Républicaine le dernier endroit où l'on trouve des chevaux à Paris.

Bien qu'aux bois de Boulogne et de Vincennes subsistent des clubs hippiques, les seuls chevaux que l'on trouve dans Paris intra-muros sont militaires. Dès l’origine de l’école, les militaires manoeuvraient sur le champ voisin qui en gardera le nom Champs de Mars, (Mars dieu de la Guerre).

vers place fontenay pavillon angle chateau et grilles
Vers place de Fontenoy
Un des pavillons d'angle
Le Château et ses grilles

Les responsables militaires qui s'inquiétaient de l'insuffisance de la formation des cadres de la Cavalerie avaient décidé de multiplier les académies équestres ; il était normal que l’une d’elles s’installât dans l’enceinte même de l’Ecole Militaire !

On y a donc bâti de nombreux manèges dont un seul est encore consacré à sa vocation première : le manège du Commandant du PEUTY, vers lequel nous nous dirigeons. Au passage, nous longeons les anciens manèges qui ont été transformés, modernisation oblige, en garages ou amphithéâtres pour les cours, compte tenu de leur capacité.

Les bâtiments équestres

Il reste les bâtiments d’intendance cavalière : cabinets vétérinaires, écuries, stalles, infirmerie, ateliers : pour les 100 chevaux qu’abrite l’école, il en faut, du foin, de la paille, de l’avoine…

Quant au crottin restitué, il est vendu chaque mois à des horticulteurs comme engrais. Ces chevaux génèrent une intense activité humaine : nous imaginons les panseurs, les soigneurs, les maréchaux-ferrants, les selliers, les bottiers et tailleurs, les instructeurs…

Si les chevaux restent toute l'année à L'Ecole Militaire, ils ont droit malgré tout, à quelques semaines de vacances au pré l'été. De temps en temps quelques uns sortent aux beaux temps sur le Champs de Mars ; spectacle devenu rare mais plaisant pour les touristes !

cavalier entrainement manege cdt peuty vue tribunes
Un cavalier s'entraîne
Manège du Cdt du Peuty
Vue des tribunes

Le manège du Commandant du PEUTY est vaste et clair : des verrières tombe un jour adouci, et nous montons sur les tribunes d’où l’on peut, parfois, assister à une reprise. En effet le haras de l'Ecole n'est pas réservée aux seuls militaires.

De nombreuses reprises sont ouvertes aux civils toute l'année scolaire, ils représentent d’ailleurs la majorité des cavaliers, conservant ainsi la vocation première d'enseignement de l'équitation de l'Ecole. Une affiche demande aux parents de rester silencieux lors du travail de leurs enfants : on imagine l’émoi d’une mère voyant sa progéniture se faire désarçonner…

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Retour à l'écurie

Pour l’heure, seul un cavalier s’entraîne à faire exécuter à sa monture des volte-face et quelques sauts, puis il s’en va tranquillement…

L'école et le Capitaine Dreyfus

Un peu d’histoire : En sortant, nous apprenons que c’est dans la cour Morland, où nous passons, que le Capitaine Dreyfus a été publiquement dégradé, le 5 janvier 1895, mais que c’est aussi là que, onze ans plus tard, les insignes de chevalier de la Légion d’honneur lui ont été remis le 21 juillet 1906, quelques jours après sa réhabilitation.

C’est là, toujours, qu’après avoir été réintégré dans l’armée et promu au grade supérieur, le chef d’escadron Alfred Dreyfus a été fait chevalier de la légion d’honneur. "La vérité est en marche, et rien ne l’arrêtera", disait Émile Zola. Depuis le 2 février 1998, une plaque en sa mémoire figure dans la cour, portant ces mots : « Hommage à Alfred Dreyfus (1859-1935) ». Et c’est dans le même manège où nous étions qu’après le 1° procès Zola, le 6 mars 1898, Henry et Picquart se sont affrontés en duel…

La visite est finie, nous allons rendre ces lieux à leurs occupants habituels, les militaires, en les enviant un peu : quelle chance ont-ils d’occuper un tel espace et de joouir d’aussi belles perspectives !