L'Ecole Militaire : le château

L’Ecole Militaire, de l’autre côté du Champs de Mars, ne se visite pas facilement, car elle n’est qu’exceptionnellement ouverte au public.

Mais, lors des Journées Européennes du Patrimoine, (en général, le troisième week-end de septembre), les membres de l'association « Ecole militaire lieu de mémoire » nous proposent des visites libres, guidées ou thématiques, dans les sites principaux de l'Ecole. Il est aussi possible d’assister à des concerts de musique dans la Chapelle Saint-Louis, exécutés par les chœurs de l’Ecole.

Un peu d'histoire

Avant la visite, un petit rappel historique sera le bienvenu.

En 1750, Louis XV, 5 ans après la victoire de Fontenoy, est encore le Roi "Bien-Aimé" des Français. Il a entamé, à Paris, de grandioses travaux de constructions et d’édifices d’Etat.

La Marquise de Pompadour, maîtresse du roi et femme de tête et de culture, est aussi liée au monde des gens de lettres (Voltaire, Montesquieu...) qu’à celui des artistes (Quentin de La Tour, Boucher, Gabriel…) ou des grands financiers. Elle tient à jouer un rôle politique et fait nommer son frère, le marquis de Marigny, directeur des Bâtiments royaux. Soutenant le financier Pâris-Duverney, elle propose à Louis XV la création d'une Ecole militaire pour former 500 élèves d'origine modeste à devenir officiers.

tour eiffel voute entree
La Tour Eiffel
La voûte d'entrée

C’est l'architecte Jacques-Ange Gabriel qui est chargé d’édifier cet ouvrage entre 1751 et 1773 dans la plaine de Grenelle. Situés de nos jours au cœur du septième arrondissement, ces bâtiments, complétés au second Empire, s’ouvrent largement sur le Champ de Mars sur un ensemble de près de 12 hectares.

Les cours

Nous entrons donc, à 10h, heure militaire, par le poste de garde qui surveille l’entrée. Un beau soleil nous accompagne. Nous suivons, en passant par des portes ou des voûtes, l’arrière des façades qui donnent sur le Champ de Mars. De ce côté, quatre ailes se succèdent, groupées symétriquement autour de la partie principale, « Le Château ».

Chacune constitue le sommet d’une cour où vivent et travaillent les officiers. Notre guide nouait remarquer que la hauteur des bâtiments est proportionnelle au statut militaire des occupants et s’élève au fur et à mesure de notre progression : hiérarchie, hiérarchie !

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D'élégantes façades aux tons dorés, égayées de verdure.

Le soleil joue sur la pierre blonde, les bâtiments sont austères, certes, mais élégants avec leurs deux longues rangées de fenêtres superposées à petits carreaux. Un arbre, parfois, vient les égayer, ainsi que d’anciens canons de bronze artistement disposés sur leur affût ou dressés contre les murs. N’oublions pas où nous sommes !

De temps en temps de jeunes officiers ou officières (ne doit-on pas féminiser tous les noms professionnels, Messieurs les Académiciens ?) nous croisent sans nous prêter attention.

canons cour honneur autres canaons
Des canons...
La Cour d'Honneur
D'autres canons

Une petite porte nous mène à l’élégante Cour d’Honneur et son portique à colonnes doriques géminées. Nous arrivons au «Château », l’ancienne entrée principale de l’École Militaire, qui donne aujourd'hui accès à la chapelle.

Le château

Sa façade est formée de trois pavillons reliés entre eux par deux ailes de colonnades, autour d'un superbe pavillon central. Ces bâtiments ont été élevés entre 1768 et 1773, année où l’on a aussi construit la chapelle.

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Horloge militaire
le Château et son dôme
De belliqueux angelots

Nous admirons les dix colonnes corinthiennes qui embrassent deux étages et soutiennent un fronton frappé des armes de Louis XV, encadré par deux génies. Surmontant les balustrades et placées symétriquement, quatre statues figurent, de droite à gauche, la Force, la Paix, la France, et la Victoire.

En fait cette dernière statue est une œuvre du sculpteur Mouchy et représente Louis XV, vêtu à l'antique, miraculeusement rescapé des destructions de la Révolution française. Deux figures d'angle viennent s'ajouter à cet ensemble que couronne un dôme quadrangulaire.

Au centre du dôme, une horloge rappelle le déroulement de la journée et ses impératifs, tant représentatifs que scolaires… Un peu décalée, par derrière, la Tour Eiffel pointe le bout de son nez et nous rappelle que Paris évolue petit à petit dans le temps !

lion royal Ecole militaire de Paris : statue de Louis XV
Un lion royal
Louis XV

 Nous faisons un tour sous les colonnades géminées de la Cour, qui enserrent un verdoyant parterre à la française. Au centre de chacune, un petit fronton triangulaire abrite des niches de statues : un lion, signe royal, un guerrier antique, dont la pierre est rongée par le temps. C’est encore Louis XV, mais les outrages du temps le rendent peu reconnaissable !