Les tours de Notre-Dame de Paris

L’ascension des tours de Notre-Dame nous a été rendue possible par la réhabilitation qu’en ont fait Viollet-le-Duc et Lassus à partir de 1844.

En effet, les Révolutionnaires en avaient bien endommagé la structure et la statuaire et l’accès en avait été interdit…

Nous faisons la queue à l’entrée, rue du Cloître-Notre-Dame, à l’angle Nord de la Cathédrale. Là, nous assistons à une scène amusante : un groupe de jeunes Espagnols, lassé d’attendre, prend à parti un peu vivement et lestement le gardien préposé aux entrées. Mal leur en prend : il est maître à son bord et les vire vite fait, bien fait ! Ce qui nous vaut d’entrer en 10 mn à peine, alors que d’habitude, l’attente est un peu plus longue.

Nous montons un petit escalier et nous retrouvons dans la salle haute de la Tour Nord, juste à la hauteur de la tribune d’orgue. C’est une belle salle de 14 m de haut, couverte d’une voûte d’ogive à huit quartiers, qui abrite le comptoir du Patrimoine. On y expose l’histoire de la construction et de la réfection de l’édifice, les événements historiques et littéraires qui s’y sont déroulés : nous retrouvons Esméralda et Quasimodo en bonne place.

tour notre dame notre dame tours

Dans un angle, un bel escalier à vis, enserré dans une tourelle entièrement ajourée, attend qu’un Roméo cherche à rejoindre sa Juliette. C’est là que l’exposition situe la « logette » où Esmeralda s’était réfugiée après son évasion de prison…l’ambiance est romantique à souhait !

La Galerie des Chimères

Nous continuons à monter par un escalier en colimaçon, la «vis de Saint-Gilles» et arrivons, à 46 m au-dessus du sol, juste au-dessus de la galerie à colonnettes que nous avons admiré d’en bas, à la Galerie des chimères.

Ce sont des statues fantastiques qui ornent les angles de la balustrade et que l’on doit aux dessins et aux desseins de Viollet-le-Duc. Monstres fabuleux, oiseaux et animaux hybrides comme la stryge (un esprit nocturne oriental, malfaisant oiseau de la nuit ). Mais elle n’est pas la seule : en longeant la Galerie vers le Sud, nous sommes escortés par moult gargouilles, goules, dragons, guivres, salamandres, tarasques et autres têtes grimaçantes qui font rire ou frémir une bande d’écoliers en goguette.

notre dame chimere chimere

Pour l’anecdote, l’architecte-restaurateur a imaginé un «atelier d’ymagiers de la pierre» (des sculpteurs et tailleurs) où les ouvriers, munis d’outils semblables à ceux du Moyen-Âge, devaient travailler selon les techniques du XII° siècle…

La vue sur la cathédrale est époustouflante : on voit la toiture de la nef et la flèche de croisée du transept, bâtie par les restaurateurs en 1860 pour remplacer celle qui avait été démontée à la révolution. Elle s'élève à 90 mètres au dessus du sol.

 
architectes architectes notre dame

Elle est gardée par 4 groupes d’apôtres, précédés de leur animal emblématique (Le lion de Marc, le boeuf de Luc, l'aigle de Jean et l'homme pour Mathieu) qui descendent le long de la pente du toit.

Dans un des groupes, il en est un, celui du haut, qui nous étonne. Au lieu de suivre ses amis, il se retourne, comme pour contempler son œuvre et tient une règle : c’est en fait Viollet-le-Duc lui-même qui s’est fait représenter ici, comme au Moyen Âge le faisaient les commanditaires des œuvres ou, plus subrepticement, les artisans et maçons dans des endroits reculés des églises…

Le beffroi de la tour Sud

Mais poursuivons l’ascension par le beffroi de la tour Sud.

Un escalier en bois nous mène au bourdon « Emmanuel, Ludovic, Marie-Thérèse », la plus grosse cloche de la cathédrale, installé en 1686, et qui pèse plus de treize tonnes, auxquelles il faut ajouter la tonne et demi de l’axe du beffroi et les 500 kg du battant !...

Une légende raconte (mais quelle en est la part de vérité ?) que lorsqu’elle a été fondue, les dames pieuses de Paris sont venues jeter dans le creuset leurs bijoux d’or et d’argent, et que c’est à cela que le bourdon doit son timbre sans pareil.

tour notre dame (2) cloche notre dame
 C’est là que vivait le légendaire sonneur Quasimodo :

"Une grosse tête hérissée de cheveux roux ; entre les deux épaules une bosse énorme dont le contrecoup se faisait sentir par devant ; un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées qu'elles ne pouvaient se toucher que par les genoux, et, vues de face, ressemblaient à deux croissants de faucilles qui se rejoignent par la poignée ; de larges pieds, des mains monstrueuses ; et, avec toute cette difformité, je ne sais quelle allure redoutable de vigueur, d'agilité et de courage ; étrange exception à la règle éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résulte de l'harmonie". V. Hugo, op.cit., amoureux pour l’éternité de la belle Esméralda…

architectes 1 architectes 2

Le sommet de la tour méridionale.

Pourra-t-on aller plus haut ? La porte étroite qui donne accès au sommet n’est pas toujours ouverte. Nous avons de la chance, elle s’entrouvre pour nous…

Un escalier, encore plus étroit que les précédents, nous mène en une ténébreuse spirale vers une plate-forme inondée d’air et de lumière, panorama imprenable sur la capitale à 360°. Chacun essaye de reconnaître les monuments parisiens ou d’attirer les pigeons qui nous ont suivi dans l’escalade. Nous cherchons les fameux faucons crécerelles de Notre-Dame, mais ils vaquent ailleurs à d’autres tâches !

 
vue aerienne meridionale vue aerienne

Nous dominons la Seine, ce ruban aux tons changeants qui nous a amenés jusque-là et délimite nettement l’Île de la Cité en forme de vaisseau et, plus loin, l’Île-Saint-Louis, et sépare les quartiers de la rive gauche, au Sud, de ceux la rive droite, au Nord...

Il ne nous reste plus qu’à redescendre, par un escalier de la tour Sud, les 387 marches qui nous ont amenés ici, la tête bruyante de souvenirs et de légendes pour visiter l’intérieur de la cathédrale.