En sortant du musée du cloître de la Collégiale Notre-Dame en Vaux, nous dirigeons tout naturellement nos pas vers l’église.

C’est en tant qu’ étape importante importante sur une des quatre routes françaises du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle au Moyen Age, que la Collégiale a été inscrite en 1998 au Patrimoine mondial de l'humanité de L’UNESCO. Au début du XII° s, l’église était à la fois collégiale et paroissiale ainsi qu’un centre de pèlerinage à la Vierge, et c’est ce pèlerinage qui explique l’importance de l’édifice actuel, entrepris vers 1150 et terminé vers 1220, au moment du passage du style roman à celui du gothique.

L’église est majestueuse et élancée, aussi longue que haute (67 m de longueur, 65 m de hauteur aux flèches). Bien qu’elle ait perdu une de ses 5 tours (4 d’angles et une à la croisée du transept), elle a conservé quelques parties romanes antérieures à 1157 : le bas du transept et les tours du chevet. Elle se présente comme un édifice très homogène, représentatif du premier art gothique avec sa nef à quatre niveaux : de grandes arcades, des tribunes aussi vastes que les bas-côtés, un faux triforium et de hautes fenêtres. Elle est couverte de voûtes d’ogives et son chœur lumineux rappelle celui d’Aix-en-Provence dont il s’est inspiré.

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La collégiale Notre-Dame-En-Vaux en champagne

Nous déambulons lentement dans la collégiale, accueillis à l’entrée de l’abside par Moïse et Aaron, sculptés sur des colonnes. Nous admirons au passage les tableaux des XVII° et XVII°s, dont une Montée au Calvaire de Frère Luc (1614-1685), qui vivait au couvent des Récollet de Châlons, mais dont la notoriété, montée jusque dans la capitale, lui a valu d’être appelé par Richelieu à Paris.

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Les tours et les flèches, élancées et fines : 65 m de hauteur !

Mais comme nous venons du musée du cloître, nous sommes sensibles aux chapiteaux, qui nous ont été expliqués en détail. Les feuillages en sont variés, certains sont peuplés, comme précédemment, de monstres, comme des harpies, de masques ou de têtes humaines. Malgré ces représentations, une atmosphère de paix et de sérénité nous entoure. Nous sentons passer le souffle des chanoines qui se réunissaient ici pour prier, du temps des pèlerinages…

cathedrale vers choeur tableau Frere Luc collégiale-vers-le-fond. Photo de Jacques Colanson
   L'intérieur de l'église, éclairé par ses vitraux des XII° au XIX° siècles

Vitrail de la Dormition, Ascension et Couronnement de la Vierge du XVI° sQuant aux vitraux, ils nous offrent de somptueuses couleurs.

Les plus anciens sont six petits vitraux-médaillons du XII°s, d’un bleu lumineux, dans la petite chapelle nord. Les autres, qui s’échelonnent entre les XVI° et XIX°s, répartissent la lumière de façon harmonieuse.

Les plus imposants ont été posés au début du XVI°s, dans les fenêtres de style flamboyant qui venaient d’être percées dans les collatéraux.

Elles racontent la Vie de la Vierge, du Christ et des Saints. Pour ne pas masquer la superbe rosace du fond, les grandes orgues ont été astucieusement séparées en deux parties et posées perpendiculairement au vitrail, du XIX°s, de chaque côté.

Vitraux-médaillons du XII° siècle vitrail de l'adoration des bergers. XVI° s.Photo de Jacques Colanson vitrail de la Compassion de la Vierge. XVI°s Photo de Jacques Colanson
   De très beaux vitraux, aux tons somptueux de bleus et de verts

 Mais l’heure avance, il faut aller déjeuner. En nous rendant au restaurant "Au Carillon Gourmand" (accueil charmant, cuisine raffinée, excellent rapport qualité-prix : une adresse à retenir !), nous avons, de l’entrée de la rue de la Grande Etape, une vue d’ensemble de l’édifice : on embrasse d’un seul coup d’œil la succession des styles qui ne nuit pas à son unité.

Note : Vous trouverez, sur le site du diocèse de Châlons-en-Champagne, de nombreuses autres précisions sur la ville et ses monuments, et nous donnons un grand merci à Jacques Colanson qui nous a autorisés à utiliser certaines photos d’intérieur de la Collégiale.