La cité médiévale de Provins, la ville

Promenons-nous ensuite dans ces rues tortueuses aux noms évocateurs : rues et ruelles de la Friperie, de la Foire-aux-Chevaux, des Orphelines, aux Foins, aux Aulx…

Balade au cœur du Moyen Age : la vieille ville

Au XIII° siècle, les Foires de Champagne sont réputées. En effet, la Champagne est le carrefour commercial où se rejoignent les marchands venus du Sud, du Nord et de l’Est, de Byzance, le mythique Orient, par 9 chemins principaux et 11 secondaires qui tous convergent sur la cité.

Les Comtes de la région, avisés, ont instauré le « conduit des foires », un calendrier qui les déplace d’une ville à l’autre tous les deux mois.

les vieilles maisons de provins D'autres vieilles maisons de provins

 C’est au printemps et à l’automne qu’elles se déroulent à Provins, entre celles de Troyes et de Chalons-en Champagne. La ville s’enrichit et s’agrandit alors d’année en année…

La Grange aux Dîmes

Admirons quelques maisons à colombage à l’air penché, visitons la Grange aux Dîmes.

Pendant les foires, cette bâtisse était utilisée comme marché couvert. La salle basse servait d’entrepôt pour les marchandises, on tenait boutique au rez-de-chaussée et habitait au premier étage.

Là, dans des salles raffinées aux voûtes en ogive, une exposition met en scène métiers d’antan et marchands aux riches habits.

les vieilles maisons de provins les vieilles rues de provins

 Le marchand italien, par exemple, nous apporte les produits orientaux : épices et soieries. Il fera affaires avec le marchand flamand qui apporte du nord laines, peaux et fourrures…

provins le marchand italienLe marchand de drap de Provins propose ses tissus tissés et teintés dans la région. Le drap « ners » est très réputé. C’est un bleu marine presque noir dont on nous donne la recette de la teinture : un mélange de sel de fer, de cuivre et de noix de galle.

Il est, ici, en discussion avec Dame Jeanne, une riche bourgeoise dont la vêture rouge et la coiffure raffinée indiquent l’aisance.

D’autres métiers sont exposés : l’écrivain public qui rédige ventes et actes juridiques autant que les lettres de change qui évitaient de voyager avec trop d’argent liquide… le changeur, aussi, personnage important des foires où se côtoient des gens de tous horizons

Si nous descendons dans les salles basses, nous voyons les artisans à l’œuvre : potier, carrier, tailleur de pierre, parcheminier, ainsi que tous les travailleurs de la laine de Provins, de la tonte au tissage final.

C’est le Moyen Age industrieux qui vit et travaille sous nos yeux.

Les souterrains de Provins

Allons, sous l’Hôtel Dieu, frémir dans les souterrains. Salles basses voûtées à l’usage hospitalier ou marchand, leurs graffiti racontent huit siècles d’Histoire…

Au début, ces souterrains semblent avoir été exploités comme carrières d’où l’on extrayait la terre à dégraissage et à foulon, pour le drap fin de la région.

Ensuite, une fois creusées, ces cavités sont devenues un réseau dense de pièces reliées les unes aux autres. Entrepôts durant les foires, refuge lors des guerres, lieux de vie ou de réunion… on n’en visite que 250 mètres, la partie communale.

Celle qui se situe sous l’Hôtel Dieu avait un usage hospitalier : accueil des pèlerins, des voyageurs et des pauvres.

Une autre servait aux commerçants des foires qui, en plus d’y conserver leurs marchandises, disposaient d’un bel espace pour les mettre en valeur et les présenter à leurs clients. Les ancêtres des « show-rooms » en quelque sorte !

Pendant longtemps, toutes les maisons ont été reliées entre elles par ces souterrains, ce qui a été fort utile en temps de guerre ou de persécution.

La Tour César

Nous monterons ensuite vers la Tour César. Successivement tour de guet, prison ou clocher, au point culminant de la ville, elle symbolise l'autorité des Comtes de Champagne sur la région.

De salle de garde en chemin de ronde, nous dominerons le Val et la ville. Construite au XII° siècle sur un ancien castrum par Henri le Libéral, la tour devient prison par la suite. Alternativement anglaise et française pendant la Guerre de 100 ans, elle est surélevée, agrandie et transformée.

la tour césar de provins provins la tour césar de provins

Adjonction de toitures, de poivrières, installation d’un clocher : sa charpente a soutenu jusqu'à 6 cloches. Il n'en reste aujourd'hui plus qu'une seule de 3000 kg et d’1,48 m de diamètre. Elle porte encore l’inscription réalisée lors de sa fonte :

"En l’an 1511 ayant été fondue

De Quiriace on me donna le nom

Je règne dans les airs et chasse de la nuée

Diable, tonnerre et grêle par mon nom."

Les 5 autres ont été cassées lors de la Révolution pour fabriquer des canons et fondre de la monnaie.

La tour s’est ensuite assoupie jusqu’au XIX° siècle où son classement aux Monuments historiques, par Prosper Mérimée, lui a valu ses dernières restaurations.

Les plaisirs de la chair et de l’esprit

Midi sonne. Il est temps de faire ripaille. Autour de la riante place du Châtel, taverniers et aubergistes nous régalent de mets d’antan, arrosés d’hypocras épicé.

Une autre vue de la tour césar de Provins Autour de la riante place du Châtel vue du ciel

Flânons encore au hasard des rues. Décidément conquis, nous reviendrons pour les grands événements : les journées du Patrimoine, la fête des fous, le carnaval, les foires et fêtes médiévales…

Vêtus de longues robes ou de riches tuniques, nous serons alors acteurs et spectateurs des animations, jeux, bals et spectacles des XIIe et XIIIe siècles.

A bientôt, Provins !