Vous êtes ici > Accueil > Indonésie > Vers Bobobudur
Ce week-end : aller retour vers Yoyiakarta ou Jogjakarta.
Profitant d'une fête religieuse musulmane qui nous offre un vrai "pont" de 2 jours : nous partons en 4x4 avec un chauffeur et Nenden, qui nous accompagne et nous guide.
Nous passons par Tasikmalaya, Ciamis, Gombong, Kebumen, Purworejo, et Wates avant d'arriver dans l'après-midi, fourbus mais ravis, au Daerah Istimewa ("territoire spécial" de Jogjakarta ) que l'on peut considérer comme la capitale culturelle de Java.
C'est en effet le foyer culturel, artistique et intellectuel le plus actif de l'île : danses, théâtre, peinture, wayang gulit. La région est aussi productrice de batik, et c'est le départ des visites pour les plus beaux temples de l'île : Borobudur, que nous verrons demain, Prambanan et le plateau de Dieng...
Jogjakarta (ou "Yoyja", prononcez "Djodja") est une métropole animée de 500 000 habitants qui s'accroche fièrement à son passé et à sa culture.
Elle vit encore sous la tutelle d'un sultan, dont le palais enclos, le Kraton, bâti en 1756, abrite 25 000 personnes et constitue le bastion des traditions et un fleuron de l'architecture de cour javanaise avec ses halls superbes, ses vastes cours et ses pavillons.
Nous avons le temps de visiter, avant d'aller dîner, les jardins du Kraton. Malheureusement, le palais lui-même est fermé aux visites à cause de la fête religieuse. Nous nous sommes vengés en écumant le marché Beringharjo, des galeries pleines de merveilles artisanales ou artistiques : bijoux, batiks, masques, kriss, porcelaines, instruments de musiques, marionnettes du wayan gulit... !
Objectivement, la distance entre Bandung et Yoyakarta n'est pas immense, (+/- 300 km) mais le climat en a décidé autrement : des inondations ont coupé un pont et nous obligent à de longs détours par des pistes détrempées : notre âme d'explorateurs fait un bond héroïque dans le temps..
![]() | ![]() |
|---|---|
Notre 4x4 et notre gentille escorte | |
Lors de nos arrêts, nous découvrons la gentillesse des habitants : c'est ainsi qu'entre deux villes nous sommes obligés de déranger un monsieur dans sa maison : nous sollicitons l'usage de toilettes privées (difficile de se soulager dans une campagne où les paysans sont omniprésents !).
Il accepte immédiatement et, lorsque c'est mon tour, il m'amène dans une petite pièce en ciment : par terre, des toilettes à la turque ; en l'air : un pommeau de douche, pour se nettoyer après usage.
Nenden m'explique ensuite que c'est ainsi que s'organise le coin des ablutions dans toutes les maisons modernes de l'intérieur de l'île.
Avant de nous laisser partir, notre hôte improvisé nous offre le thé, des gâteaux, et l'occasion de longs bavardages ...
Dans les restaurants, on découvre de nouveaux plats : le "soto" (une soupe à l'aspect de ragoût), le "bakso" (une soupe de viande), le "mie-goreng" (des nouilles frites avec des légumes).
Le "Babi guling" est un cochon de lait, rôti à la broche. Et souvent le "Rijsttafel" ou "table de riz" une composition d'origine hollandaise. C'est une préparation à base de légumes, viandes, poissons, oeufs, volailles servie avec une montagne de riz et accompagnée de bananes, piments, cacahuètes ou concombres marinés.
![]() | ![]() |
|---|---|
Un arrêt sur la route | Resto de campagne |
Sur la route, nous longeons des rizières étagées sur la montagne, les Sawah. Elles couvrent environ 4 millions d'hectares, soit 45% des terres cultivées : l'Indonésie, après avoir été le plus grand importateur de riz au monde, est à présent exportatrice, grâce au sol fertile et au climat chaud et humide.
![]() |
|---|
De superbes rizières |
Une brume de chaleur recouvre les paysages jusque tard dans l'après-midi, donnant au paysage cette tonalité romantique que l'on retrouve dans les estampes japonaises.
Au premier plan, on reconnaît les bananiers, mais il pousse aussi des manguiers, papayers, aréquiers, sans parler des mangoustans, dourians (à l'odeur pestilentielle et au goût puissant), jacquiers, dont le fruit pousse directement sur le tronc...
On a l'impression de voyager dans un verger continu dans les premiers niveaux de la végétation, pendant que les cultures varient en suivant le relief. Le thé, par exemple, se cultive entre 600 et 1500 m, les forêts lui succèdent ensuite.

